dos ÉD RER s 7 4 - mn , © m2 LENN SR . CE2 JF NN / ra L h s eo n er #7 Mastlier rm , + ——…_… G. BUOTE, RÉDACTEUR. F. J. BUOTE, GÉRANT VOL. 2. NO. 32 “10 ANNEE. ALERELICCLARARRRRANRANREANANX ur 6 FHUILLETON DE L'IMPARTIAL | LA PANTHERE NOIRE : ç | ————00000000 CHAPITRE XIV PRLLOLELIRUINISLURURUULLARNRRINAUIRUNE (suite) Quand le pauvre Walter était là, nous ne mauquions pas de provi- sions, répondit la mère de famille ; æmais depuis qu’il est mort, il sem- Tble que nous ayons perdu toute no- rtee activité.’ Des pleurs abondantes jaillirent “des ‘eux de la bonne dame au mo- imént où elle prononçait ces mots. ‘Hélas ! c'est vrai, nous avons perdu toute énergie, répondit le nègre, je ne songe même plus à prendre mon fusil. Il me semble toujours voir l’image de notre ami se dresser devant moi, et mon pau- vre cœur est prêt à se briser.’ Puis, se levant at précipitation : Mais non, s'éia-t-il, ce ne sont point des ‘bisons : j'aperçois une troupe 4” Indiens qui se dirige de ce côté.’ En disant ces mots, il courut wers le fortin chercher la lunette d'approche. et revint examiner le point noir, qui d’instant en instant «devenait plus visible, et s’avançait «en ligne directe. Æ"% ‘Ce sont bien des Indiens, re- LL prit-il d’un ton qui dénotait un cer- tain effroi. —Jls doivent être en grand nom- bre, à en juger par l’espace qu’ils occupent,’ observa M. Taylor, qui s'aperçut de l'agitation de Daniel. Celui-ci ne perdait pas de vue l'horizon, et gardaïit le silence. ‘‘Je crois que ce que rous avons de mieux à faire est de rentrer dans le fortin et de préparer nos armes, continua M. Taylor, dont l'inquiétude croissait visiblement. —Nous n'avons rien à craindre de ces Indiens ; ni vous ni les vô- tres ne serez molestés, dit enfin le noir d'une voix tremblante. Ce sont des Delawares, et leur nation est amie des blancs.”” Puis tout à roup il poussa un cri «æn étendant les bras. ‘Walter ! notre Walter ! fit-il ; jkest en vie, le voici qui revient. erand Dieu ! c'est notre Walter !”’ La famille, surprise d'entendre ces paroles, mêla bientôt ses cris de joie à ceux du fidèle serviteur. Les bras étendus, tous semblaient vouloir attirer plus promptement à eux le groupe de cavaliers, qui de- venait de plus en plus distinét. Quant à Daniel, il s'était retiré derrière les palissades, et il ne tar- éa pas à revenir au dehors, ses ar- mes à la main, en proie à une agi- tation surprenante. (]] faut que je m'en ailie, dit-il en s'adressant à M. et à mistriss Taylor, qui s'étonnaient de la pro- fonde émotion qu'éprouvait le nè- gre, il ne faut pas que les Dela- vares me voient ici. S'ils de- mandent où je suis, répondez-leur que je vous ai quittés, et que je suis allé du côté de la mer. _Eh quoi ! Daniel, vous voulez nous quitter ! s’écria chacun des membres de la famille en cherchant à retenir le nègre ; —les enfants rexraient passé leurs bras autour de où cou.—C'est impossible ; il ne faut pas que vous partiez. Cher Daniel, restez parmi nous ; qu'ad- a-t-il si vous nous abandon- viendr nez ? —Mon départ est nécessaire pour votre sécurité et pour la mienne, fit-il en se dégageant promptement. Si Walter n’a pas trop parlé de moi, les Delawares ne resteront pas longtemps ici, et je reviendrai bien- tôt. Je vais seulement me cacher dans la forêt. Dites au chef, s’il me demande, que je suis retourné dans le pays des blancs depuis une semaine. Et sur ces paroles il s'élança dans le canot, et disparut, quelques instants après, au milieu de la forêt qui bordait l'autre côté de la ri- vière. Toute la famille le regarda faire sans pouvoir prononcer une seule parole : la joie et la tristesse se partageaient également leurs cœurs, et les pleurs qui s’échap- paient de leurs yeux étaient ame- nés par le bonheur autant que par le chagrin. La joie l'emportait pourtant. À vrai dire, pouvait-il en être autrement ? La troupe de cavaliers appro- { chait, et le parent aimé qu’on cro- yait mort allait pouvoir les presser dans ses bras, qu'il leur tendait de loin, La distance diminuait rapi- dement, et chaque cœur semblait vouloir se briser sous la force de l'émotion. Un moment après, l’é- talon franchissait au galop les der- nières ondulations de la prairie, et Walter atteignait en quelques se- condes la petite colline où l'atten- dait sa famille. Le brave garçon sauta rapide- ment à bas de son cheval, et tom- ba dans les bras de sa tante et de son oncle. Il éprouvait une telle joie, qu’il lui fut impossible, pendant quel- ques instants, de prononcer une seule parole ; des larmes coulait de ses yeux, des larmes de joie, inter- prètes de ses sentiments affectueux, qui disaient à elles seules plus que tout ce qu'il eût pu dire. ‘Où donc est Daniel ? s’écria en- fin Walter, remis de son émotion, en jetant des regards effarés du côté des Indiens, qui en ce moment parvenaient au pied du coteau et mettaient pied à terre. —Dans la forêt, répondit préci- pitamment M. Taylor ;il nous a priés de dire qu’il nous avait quit- tés pour aller de nouveau du côté de la mer. —Grâce au ciel, tout est pour le mieux !’’ soupira Walter en se re- tournant vers le chef, qui gravis- sait le monticule d’un pas pressé. Walter, saisissant les mains du Léopard, le présenta à sa famille comme son meilleur, son plus obli- geant ami. L'accueil de Taylor fut si chaleureux, si cordial, que l’Indien en fut ému, et qu'il parut ravi des remerciements et des pré- venances de ses hôtes. À peine les colons avaient-ils eu le temps de dire quelques paroles accueillantes aux autres guerriers delawares, que ceux-ci commen- çaient déjà à élever leurs tentes près de la rivière. Ces bruyantes dé- monstrations de gratitude surpri- rent le Léopard ; car d'ordinaire aucun sentiment extérieur ne se manifeste chez les Indiens ; c'est avec la plus impassible placidité qu’ils accueillent la joie et la dou- leur. Mais, la première surprise passée, ces manifestations de joie tirèrent le chef des Delawares de sa froideur habituelle ; ses traits s’a- doucirent, et une satisfaction évi- dente se peignit dans ses yeux. I1 allait de M. à mistriss Taylor, en leur pressant les mains tour à tour, et ne se détournait que pour prendre les enfants dans ses bras et les presser sur sa poitrine. Walter dut alors faire le récit complet de ses aventures et de sa délivrance. Pendant cette narra- tion, ses auditeurs semblaient sus- pendus à ses lèvres ; et les yeux de tous, souvent noyés de larmes, adressaient au ciel d’éloquentes ac- tions de grâces. A la fin du récit de Walter, qui amena une nouvelle explosion de joie et de reconnais- sance, le chef delaware ne put s'empêcher de répéter au jeune chasseur : ‘Pourquoi donc es-tu né parimi | les visages pâles, et non point par- mi les Delawares ?”’ Jusqu'à ce moment, la rapidité des événements avait empêché la moindre remarque relative au nè- gre, et toute la famille s'était pro- mis d'éviter ce qui pourrait amener l'attention à ce sujet. Mistriss Taylor et Amy s’éloi- gnèrent pour préparer en l'honneur de leur hôte tout ce que leur in- dustrie culinaire pouvait enfanter de meilleur, et pendant qu’elles vaquaient aux soins du ménage, le colon et son neveu conduisirent celui-ci visiter leur magasin d’ar- mes, et lui fournirent toutes les explications désirables sur chaque objet. ‘Ils lui démontrèrent l’a- vantage des armes à feu dont ils se servaient sur le simple fusil à un coup, généralement en usage dans le pays. Le souper put paraître somp- tueux dans le désert américain ; car ces dames avaient déployé toutes les ressources de l'art culi- naire et fait main basse sur toutes les cors:rves du fortin. Le repas terminé, te Léopard, fumant un cigare que lui offrit M. Taylor, se souvint du nègre, et manifesta son étonnement de ce qu'un ami si fidèle de la famille Taylor ne se trouvât pas là. Le colon lui répondit, sans pouvoir dé- guiser un certain embarras, que le noir l'avait quitté réce nment pour se rendre au bord de Ï1 mer, dans l'espoir de gagner un plus fort salaire que chez lui. Le chef dejaware fixa sur Walter un regard triomphant. ‘‘Eh bien ! jeune homme, lui dit-il, croirez-vous encore à l'amitié d'uu nègre ? Votre bien-aimé Da- niel n’a pas agi autrement avec vous que la Panthère Noire avec moi : le coeur de Daniel est donc aussi noir que sa peau.’ La soirée se passa en de joyeux propos, et, avant de se retirer dans la chambre qu'on Iui désigna, —laquelle, par un singulier ha- sard, se trouvait être celle de Da- niel,—le Léopard se rendit près de ses guerriers pour leur communi- | RRQ EDS HaAxD TUBULAR. Complete Catalogue, applicatiou. SHARPLES TUBULAR. Dairy Cream Separator, The closest skimming and easiest turning Separator in existence. Hand, Belt Power and EF or bowl complications whatever. 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A. quer son inteution de passér la nuit sous le toit de ses amis les visages pâles. CHAPITRE XVI Le lendemain matin, mistriss Taylor eut soin de préparer le dé- jeuner de fort bonne heure, car son hôte avait manifesté l'intention de continuer son voyage avant le lever du soleil. Le repas fini, l’ Indien trouva son cheval tout sellé devant la façade du fortin, et prit congé de ses amis de la façon la plus eordiale. Les colons lui firent promettre de reve- nir les voir à l'automne sûivant, et le Léopard leur exprima le plaisir qu'il éprouverait de ramener Wal- ter dans son camp pendant quel- ques semaines pour chasser avec lui et ses compagnons. Walter promit au Léopard ce qu’il demandait ; mais, quelle que fût sa reconnaissance pour le chef indien, il n'éprouva pas moins un sentiment de plaisir involontaire à voir celui-ci s'éloigner ; car il était impatient de pouvoir retrouver le brave Daniel, caché dans l’épais- seur d’un hallier. Le nègre épiait les mouvements des sauvages, et dès qu'il les vit s'engager sur la route du Choctaw, il courut à tou- } DES M PC NE RAR le RCE STE tes jambes de l'autre côté du bois, | commettre une trahison en fuyant le à la lisière duquel il arriva juste camp des sauvages, puisqu'il était au moment où les Peaux-Rouges | issu d’une famille de nègres libres, atteignaient la prairie sur la bor-[que les Delawares avaient réduite dure opposée. à l'esclavage. Surpris par les Il grimpa aussitôt sur un des ar-|P:aux-Rouges dans leur cabane, bres les plus élevés, afin de sur-'ses parents avaient été emmenés veiller leur marche à une grande| par le père du Léopard, et ces sau- distance. Il laissa ses ennemis dis-|vages, ajoutait Daniel, n'avaient paraître à l'horizon dans le brouil- | aucun droit de prétendre que nous lard, et ce fut alors seulement qu'il | étions leur propriété. Le bon ser- crut prudent de descendre de son viteur des Taylor s'était donc cru observatoire. . I1 se mit à courir ; parfaitement dans son droit en s'ar- aussi rapidement que possible vers, rachant à une injuste captivité. le fortin, afin de revoir au plus vite) M.'Taylor lui demanda ce qui son jeune maître et ses amis. | ponrrait advenir si le chef delaware A peine avait-il atteint l'endroit | parvenait à le retrouver. Daniel du rivage où s2 trouvait cachée | répondit qu'il serait mis À mort l'embarcation, au milieu d’un Ve Les les plus horribles tortures : buisson, que Walter accourut et le! car chez les Indiens la soif de ne salua par un cri de joie. Ce senti-| geance n’est apuissée que par mort ment ne connut plx:3 de bornes dès | de leur ennemi. que les deux camarades furent ré- " Mais si l’on offrait au Léopard unis. |le prix de votre rançon, ne con- Le nègre s'achcmina vers le for-|sentirait-il pas à vous vendre ? tin, en compagnie de Walter, et' deman la le fermier. dut alors confesser à la famille! -_Un Indien n’a jamais besoin qu'il était en effet celui qui portait | d'argent, puisqu'il possède tout le sobriqu=t de la Panthère Noire, | ce dont il a besoin : le chef dela- le même qui avait abandonné le ware ferait plutôt de grands sacri- 1 ' ; } chef delaware quelques années au- fices pour arriver à pouvoir se ven- traité avec une grande paravant. | ger de noi,’ répondittiè nègre en . ‘ ’ î+ ! . Il avoua que ce dernier De remerciant M. Taylor de l'offre mais il affirma qu'il n'avait pas cru (suite à la 8me page) Le UPS cd re ee ARR RAT À à,