L'IMPARTIAL JEUDI LE 7 NOV, CR > 1901 Evangeline, DEUXIEME PARTIE ee I (Suite) Parfois aussi, elle s’entretenait avec ceux qui avaient vu son bien- aimé et qui l'avait connu, mais de- puis longtemps, dans quelqne en- droit reculé dont ils avaient méme oublié le nom. ‘Gabriel La jeu- uesse ! disait-on. Oh oui ! nous l'avons vu ; il était avec Basile le forgeron, et tous deux sont allés dans les prairies. Ils sont coureurs des bois, ils sont devenus des chas- seurs et des trappeurs fameux. — Gabriel Lajeunesse ! disaient les autres, oh oui ! nous l’avons vu, il est maintenant ‘‘voyageur’”’ dans les terres basses de la Louisiane.’ Et ils ajontaient : ‘Chère enfant pourquoi te chagriner et l’attendre si longtemps ? N'y a-t-il donc pas d’autres jeunes gens aussi beaux que Gabriel, au cœur aussi tendre aussi fidèle, et à l'esprit aussi loyal ? Voici Baptiste Leblanc, le fils du notaire, qui t’aime depuis des an- nées : viens, donne-lui ta main et sois heureuse. Tu es trop belle pour qu’on te laisse coiffer Sainte- Catherine.’’ Evangéline leur répondait avec sérénité, mais avec tristesse : ‘‘Je ne puis. Là où est allé mon cœur, ma main suit, et ne va pas autre part. Car lorsque le cœur marche en avant comme une lampe et illu- mine le sentier, alors maintes cho- ses deviennent claires qui autre- ment resteraient cachées dans les ténébres. ‘’ Et là-dessus, le prêtre, son ami et son confesseur, lui disait avec un sourire : ‘‘O ma fille, ton Dieu qui parle ainsi en Ne prononce pas ces mots d'affection perdue ; jamais l'affection perdue. cœur d’un autre nant à leur source, comme [à pluie Ce qu’épanche la fontaine retourne à la ta tâche, accomplis ton oeuvre d'a mour. La douleur et le sont puissants, la patience sont divines. c’est oi. n’est 51 elle n’enrichit pas le y ramèneront la fraîcheur. fontaine. Patience, accomplis résignation et la C'est pour- quoi aocomplis ta mission jusqu’à ce que ton co ui 2E ii eur soit sanctifié, pu- rifié, raffermi, et devienne de plus v D en plus parfait et digne du ciel.’ J'vangéline, réconfortée par ait + ! 14 11ra Tan oujours, dans ces 1 1 pe IlarA fase + 1! HAFG, IA: paroles du bon viei uu effort et attendait. son coeur, elle attendait l'hymne 1 , LA e s s de ü u : A de l'Océan, mais à ces sons se mê lui ne désespère pas ! Ainsi cette pau- et Co lait une voix qui murmurait : vre Âme errait dans la détresse et les lans l'abandon, les 1 k 2 lanté L 1 1 pieds nus ng épines « ensa s sur les pierres et 1 le l'existence. O Muse, essayons de snivre les traces de la pauvre voyageuse, non pas sur chaque sentier écarté, non pas années de la vie, mais à chacune aäes changeantes comme nn voyageur suitie cours d’un ruis- seau à travers | parfois de ses rives, ce n’est que de temps en temps et par intervalles a vallée. Filcigné qu'il en aperçoit les ondes étinoe- lantes dans les endroits découverts. D'autre fois, il s’en ràpproche, et, à travers la sombre verdure bois qui le dérobe à sa vue, il tend le murmure continuel de flots. Henreux si, à la fin, il couvre la place où ils trouvent issue ! IT C'était le mois de mai. Bien loin, sur la Belle Rivière, passé les bords de l'Ohio, passé le confluent du la ie Pp DL Et Wabash, voguait sur courant doré du large et rapide Mississipi, un bateau pesamment chargé, que ns. 1S dirigeaient des bateliers acadie C'était une bande d’exilés. On eût! dit un radeau sur lequel les débris d'une nation naufragée, éparpillés sur le village flottaient maintenant ensemble, unis par les liens d’un même foi et d’une même infortune. Hommes, femmes et enfants, gui- dés par un reste d’espérance ou , SeS eaux, retour-| silence | Es {par quelque oui-dire, s’en allaient à la recherche de leurs parents et de leurs amis, chez les fermiers peu fortunés de la côte acadienne et des prairies des belles Opelousas. E- vangéline et son guide, le père Félicien, étaient avec eux. Un jour après l'autre, ils des- cendaient ainsi la turbulente riviè- re, au milieu des sables éboulés, à |travers une sauvage solitude as- } | ! Î | | | :t souffla dans son cor ; } Î Î } | } î } / tCOOHE NE sombrie parles forêts. après l'autre, il campaient sur ses rives, près de leurs feux flain- bants. Tantôt ils se laissaient porter, au gré du courant, à travers les rapides, au milieu des verts îlots où les cantonniers balançaient, comme des panaches, leurs cimes ombrageuses. Tantôt ils entraient dans de larges lagunes : des bancs de sable argenté s'’étendaient dans l'eau, et le long des flots qui se ri- daient sur leurs bords, on voyait d'immenses troupeaux de vélicans, au plumage éclatant comme la nei- ge, qui allaient et venaient à gué. La paysage s'élargisait, et le long des côtes de la rivière apparais- saient, ombragées par des arbres de la Chine et au milieu de jardins luxuriants, les habitations des planteurs avec leur cabines de nè- grès et leurs colombiers. Il appro- nl chaient de la région où règne u été perpétuel. La rivière, avec ses courbes ma- iestueuses, traversait la Côte d'Or et ses bosquets d’orangers et de citronniers, puis elle se dirigeait l'Est. direction ; ils entrèrent dans le Ba- you de Piaquemine, et bientôt ils se perdirent dans un labyrinthe d'eau paresseuse et dévoyée, qui s'étendait dans tous les sens com- me un réseau d'ocier. Au-dessus de leurs têtes, les hautes et som- bres branches des cyprès formaient rencontraut, des m eu se atceaunx PA mystérieux, et des mousses traf- nantes flottaient au milieu des airs, comme des bannières suspendues aux voûtes des cathédrales anti- jues. Un silence de mort régnait par- tout, interrompu seulement par les hérons, qui revenaient au coucher lu soleil à leurs juchoirs dans les cèdres, ou par le hibou, qui saluait Cet un doux sourire la lune avec un rire satanique. n DL astre brillait. ave sur les eaux et sur les colonnes des rè: s et des cèdres, qui soute- naient les arceaux de verdure CYP à a travers les voûtes ouvertes des- quelles les rayons glissaient comme à travers les fentes d’une ruine. Toutes ces choses qui les entou- le Étranges et pareilles à un rêve, et sur leur esprit planait une sensa- raient ur semblaient confuses, tion de stupeur et de tristesse, sin- œulier présage de malheur invisible et qu'ou ne saurait définir. Comme tu bruit du sabot d’un cheval sur le gazou des prairies, les feuilles de contractent et se ferment longtemps d'avance, ainsi, se Je ia SCHSIIVe au bruit des pas du destin, le coeur + se resserre et se referme avea de lugubres pressentiments avant que le l’ait atteint. Mais le ngéline était soutenu par une vision qui flottait vague- ment devant ses yeux, et lui fai- sait des signes à travers les rayons C'étaient les pensées de son esprit qui prenaient Ja for- me d’un fantôme. Son Gabriel avait passé avant elle sous ces voûtes ténébreuses, et maintenant chaque coup d'aviron le rappro- chait d’eile. Alors coup ne l'Tus va de la lune. l’un des rameurs se leva > sa place à la proue du bâteau c'était un 1 [signal aux autres bateliers qui, comme eux, pouvaient d'aventure | voguer à minuit sur ces flots obs- Le son retentit avec des ac- sauvages sous les sombres colonnades et les longues allées de verdure, brisant le sceau de silen- ce et donnant des voix à la forêt. Au-dessus de leur tête, les banniè- es de mousse s'agitèrent silencieu- CUTS, eeuts sement au bruit de cette musique. Ine multitude d'échos se réveillè- ut et moururent au loin, entre la re 1 1: 11 appe polie des eaux etles bran- ches sonores. (à continuer.) Une nuit Eux aussi changèrenut de _ | feront d’elles des femmes sages à leur donner les soins appropri accidents et deviennent des fem et les douleurs dont elles ont ét Entre l’âge de 10 à 15 ans pour une jeune fille. santé avec une grande assiduité, survenir, soins. tant de jeunes filles à se tenir tées, les PILULES ROUGES, rang. Elles ont fait leur preuv douter de leurs vertus. sont remplis de témoignages d naissantes qui en ont fait usage car avant tout elle doit-être RE de jeune fille à femme. leur santé. Le jour ou la jeune fille cesse d’être enfant pour devenir femme, est une époque excessivement critique pour elle, et la mère doit redoubler d’attentions et surveiller sa chir sans accidents ce moment dangereux de la vie; elle doit employer les moyens que la nature a mis à sa dispo- sition pour obvier aux troubles qui pourraient Ces moyens sont les fortifiants et les bons Comme remède simple et effectif qui a aidé dont les femmes font tant de louanges bien méri- Tous les jours, les jour- naux, tant des Etats-Unis que ceux du Canada, véritables PILULES ROUGES et de se guérir rapide Si elles ne peuvent les obtenir de leur marchand, elles leur seront expédiées sur réception du prix, soc la boîte ou six boîtes pour $2.50. Les responsabilités d’une Mère de Farit A la mère de famille revient la responsabilité du bonheur de ses en.ants. C’est avec une même sollicitude et une même tendresse qu’elle veillera tant sur leur bien- être matériel que sur leur développement intellectuel et moral. En même temps qu’elle inculquera dans leurs jeunes âmes ces principes qui nté et verra 54 sans et vertueuses, elle veillera aussi à leur és, afñn qu’elles croissent et grandi mes robustes et en botine santé. Les maladies se fauflent chez les femmes à l’âge le plus tendre et combien de femmes qui souffrent aujourd’hui, peuvent regar- der en arrière et retracer, à leur période de croissance, les maux é affectées durant leur vie. , voilà le temps difficile à passer afin qu’elle puisse fran- bien portantes, sont au premier e,iln’ya pas à e femmes recon- et se sont guéries. Donnez les PILULES ROUGES à votre jeune fille si elle souffre et est sans énergie, si elle est pâle et faible, et vous verrez la vivacité revenir à ses yeux et la couleur à ses joues, car les PILULES ROUGES donnent des forces aux jeunes filles et guérissent les maux dont elles souffrent. Elles donnent appétit, soulagent le mal de reins et les autres douleurs. Elles font disparaître les symtômes nerveux et procurent un sonimeil paisible. Elles enrichissent et purifient le sang, donnent la force à ces organes essentiellement féminins et rassurent leur fonctionnement naturel, sans lequel il n’y a pas de santé possible pour une jeune fille, GULIRRE. Pour les bons soins à donner à la jeune fille, il lui faut des awiseurs qui lui disent d’une manière sérieuse et précise ce qu’elle doit apprendre, car s’il y a une personne dans le monde qui a besoin de conseils et de bons avis, c’est certainement la jeune fille qui passe cette époque critique de la vie, Une foule de choses lui arrivent à ce moment, qu’elle devrait connaître, et c’est pourquoi nous conseillons à Ja mère de la jeune fille malade d’écrire sans crainte et sans fausse honte aux Médecins Spécialistes de la CIE. CHIMIQUE FRANCO-AMERICAINE, qui lui donneront les moyens de se rendre facile et sans danger le passage de ce moment critique qui souvent, a des conséquences si désastreuses pour les personnes ignorantes de leur position et de ce qu’elles doivent faire pour Les confidences de jeunes ‘‘ depuis cinq ats. ‘ soulagée, huit Les fernmes chaque boîte ; c’ ment. sont gardées avec une discrétion parfaite. Spécialistes tiennent ces correspondances écrites avec le même secret professionnel que les consultations données Bureau, au No. 274 rue St-Denis, où ils peuvent être vus tous les jours de la semaine, excepté le dimanche. ‘’ Les PILULES ROUGES dit Melle. Destroïsmaisons m'ont ‘‘ guérie de dérangements et d'irrégularités dont je souffrais Toute ma famille est bien reconnaissante, »» Car j'étais tellement malade que je pouvais à peine me trainer. ‘‘ Les PILULES ROUGES sont le tonique par excel- ‘‘’ence qui m'ont guérie de mes maux et je les recommande ‘ aux jeuues filles qui pourraient souffrir d’irrégularités, ‘ d'anémie et de faiblesse générale. ‘ MELLE MARIE L. DESTROISMAISONS, ‘ Ste-Louise, Co. de L’Islet, P. Q.’° ‘{ Vous pouvez recommander, dit Melle Eva Pel- “ letier, les PILULES ROUGES en mon nom, car “ elles m'ont guérie d’une maladie pour laquelle deux ‘ médecins m'avaient traitée, sans aucun résultat. ‘‘ Je souffrais depuis deux ans de faiblesse géné- ‘‘ rale et j'étais rendue à un point où je ne pouvais ‘< plus travailler ; j'étais presque toujours au lit. ‘ Trois boîtes de PILULES ROUGES m'ont ‘’ ment. 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L'Ange 6---La chanson d& avec accompagnement de piano -50- 7---Un Rêve, chanson, avec ac compagremeunt de piano 3---Je t’ Aime, chanson, avec ac- Sr er LL Marinette, En | * dés compagnement de piano --50, 9---Les Belles Québecquoises- | Valse pour piano --50---- 10---Valse Expressize, pour piano, de Ch. À. Mages ---50-- 11---Le Répertoire des Cafés Con- certs eontenant Îes.-34 chansons suivantes : | JL, Alsace et la Lorraine --25— | La ballade des agents L'enfant et le polichinelle Frou-frou La chanson des peupliers curé de notre village Les Nationals Le Credo du paysan La chanson de Marinette { L'enfant chantait la Marseillaise Le petit crucifié Le Canadienne i | | Les regrets de Mignon | Le réveil d'un beau jour [0 Canada ! mon pays, mes &INOUTS | |O Canada, terre de nos aieux | Souvenir d'un vieux militaire cs Girondins | La Marseillaise | Su‘ l'pave | Les Etudiants de Montréal | Le trottoir en bois | Encore un p'tit verre de vin [S | | | Mon camarade | Votr’ petit chien Madame ! | Regardez-le passer | Que les hommes sont laids Les cigariers À Maisonneuve V'la les’ Matelots En ballade La marche des comm's-voyageurs La bataille de Carillcn La marche des étrangers Pour avoir droit a ces 11 Primes se montaut a $5.25 il suffit de s'a- bonner au FKTIT JOURNAL—‘"II- lustré et Musical,” paraissant tous les mois. 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