md Au Vatican — UN DECRET DE PIE X Paris, 24 septembre. On l’a dit souvent que Pie X est avant tout un pare réformateur ; c'est-à-dire que la politique est, par lui, rejetée au second plan : il tient surtout à reformer les abuset à veiller sur le maintien des bounes moeurs ecclésiastiques. Il s’est trouvé que ses actes tournèrent à la politique : tel n'était pas son voeu. La politique s'en mêla contre son gré ;—contre ses prévisions aussi : et tout au plus peut-on regretter qu'il n'ait pas prévu ce qui advint, ne s’en soit pas méfié. Mais, de- puis le début de son pontificat, c'est toujours aux questions de mo- rale et de pratique qu'il s’est atta- ché. Son décret nouveau, ‘‘Ut debi- ta’’, marque bien sa ferme volonté de ne permettre nulle intrusion ‘ d'intérêts autres dans l'exercice du culte. L'article & traite —et avec sévérité—de ce qu'il nomme le “commerce” des honoraires de messes ; le voici : ‘Il est absolurnent défendu à qui que ce soit de transmettre les charges de messes et les honoraires qu'on a reçus des fidèles ou de pi- eux sanctuaires, à n'importe quels libraires, marchands, administra- teurs de journaux et de revues, quand bien mêine ce seraient des religieux, ainsi qu'à des mar- chands d'ornements d'église ou de vases sacrés, quand bien même il s'agirait d'oeuv.es de piété et d’in- stituts religieux, et en général à quiconque, fût-il prêtre, demande des messes, non au taux fixé, pour les acquitter par lui même ou par les prêtres ses sujets, mais pour tout autre but, fût-il excellent. Il est évident, en effet, que cela ne peut avoir lieu sans faire une sorte de commerce au moyen A’hono- raires de messes ou sans diminuer ces derniers : double abus que la sacrée congrégation du Concile a cru devoir prévenir, radicalement. C'est pourquoi, à l'avenir, quicon- que osera violer cette loi, ou en transmettant sciemment des messes de la manière sus-indiquée, ou en les acceptant, ontre le pêché mor- tel qu’il commiettra, encourra les peines édictées ci-dessous.” “L'Eclair’’ a, là-des-:us, consulté un canoniste ‘‘très au courant des choses romaines’, qui lui a fourni les explications suivantes : ‘Voici la combinazione que Léon XIII avait autorisée pour la ‘‘Vo- ce della Verita'" : le prêtre désireux de s'y abonner le pouvait faire et ie faisait presque toujours sans verser le prix de sou abonnement, mais en s’offrant à célébrer vingt messes aux intentions de ce journal, le- quel s’engageait, d'autre part, à demarder hors de l'Italie, pour ce nouvel abonné, des honoraires de messes. Les messes étaient, bien eutendu, célébrées par le dit abon- né, mais une partie des honoraires restait dans la caisse de l’adminis- tration. Combinaison avantageuse pour la ‘‘Voce’”’, puisqu'elle y trouvait des moyens d'existence dont la suporession l’oblige à dis- paraître, et non moins avantageuse pour les prêtres italiens, dont le ca- suel, en génèral, est fort minime et qui y gagnaient des honoraires de messes outre le service du journal. Mais combinaison qui ne laissait pas d'offrir d'assez graves inconvé- uients, notamment celui de faire servir le saint sacrifice à des tran- sactions commerciales.” L'article 11 du décret ‘‘Ut debi- ta” défend de ‘‘retenir une partie quelconque honoraires de messes offert: par les fidèles à cer- taius sanctuaires plus célèbres pour subvenir à leur entretien et à leur ornementation’”’”. Il paraît, s'il faut en croire le canoniste de ‘‘1,E- des Clair’”, que cet article intéresse, par ! exemple,—et au premier chef, — le sanctuaire de Lourdes. Un brave C'est l'hiver, et l’hiver de 1871, dans sa grande désolation. La Bresse châlonnaise est occupée par l'ennemi, et la neige si froide, si blanche, a souvent fondu sous la tiédeur du sang répandu. Les soldats sont loin dans la cam- pagne ravagée, couverte d’un tapis i nmaculé où les petits oiseaux fris- sonnants cherchent en vain quelle miette oubliée. Dans la pauvre cabane mal préservée du froid, l’aïieule et le petit fils regardent cuire une maigre soupe. Ils restent seuls au logis : LS uns sont morts, les autre; sont partis pour la guerre. Les Prussiens | errent par là, autour d’Allerey et de Foucherans, mais, par cette nuit glaciale, ils®ne viendront sans doute pas jusqu’au bois voisin du village. Quant aux Français, Petit Pier- re, qui a de bons yeux, les a vus, ily a deux heures, prendre la route de Louhans. Il y a de bonnes oreilles, aussi, Petit Pierre, car il dresse sa tête inquiète, soudain pâlie ; il a enten- par la neige, d'hommes et de che- vaux : l'ennemi peut-être ! Oui, l’ennemi qui, brutal, en- fonce la porte et envahit la pauvre Cabane. L'aieule n’a pas bougé ; tout en écumant le bouillon, elle récite son rosaire. ‘’Femme, sais tu où ont passé les soldats français qui étaient ici tantôt ?‘’ crie avec un fort accent rudes que un uhlan qui lui serre le bras. La vieille essuie froidement son poignet que l'ennemi a touché, mais elle répond pas. ‘Tu auras de l'or si guides. ”” Même silence. ‘‘Elle est sourde et muette, dit uz autre ; interroge le gamin.’ L'officier prussien a lu dans les yeux de Petit Pierre qu'il sait quel- que chose, lui ; on entoure l’en- fant, et es uhlans s’écrient : ‘T1 vas nous montrer le chemin qu'ils ont pris !” Petit Pierre rougit de colère, mais soudain une idée traverse son esprit, et il se redresse, résolu . tu nous du comme un piétinement, étouffé |l'aieule folle d'inquiétude, partie du bois en cette saison. Il frissonna, non seulement de | froid, mais en le rappelant que, la! veille, on avait signalé dans la cam- ) pague la présence d'une louve sui- vie de ses louveteaux. Mais pas une minute il ne regret- ses compatriotes, au péril de sa propre vie. | Il sauglota seulement au souve- nir du bon petit lit chaud qui l’at- tendait au logis et à la pensée de tête s’engourdit et un invincible ! s>mmeil alourdit ses paupières. Puis il s'endormit tout à fait, tan- dit que, là bas, l'aieule allumait sa L'IMPARTIAL JEUDI. LE 13 OCT. 1904, Change oi Business At Alberton We wish to announce to our numerous Customers that the undersig-; ned doing a zeneral business at Alberton, have this day dissolvea ou |& M : Partnership-by mutual consent and we bespeak for Mr. Wilkinson who l'entremise de MM. Marion a- (TRAVAUX D'INVENTEURS : à MONS | k nee s + CS + pi 6 “ps g ; + tèe | | Nos lecteurs trouveront plus bas une liste de brevets Canadiens et ! 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Come and see us ; no trouble to show goods whether you buy or not l'enfant. Mais après avoir crié jusqu’à l’essoufflement et fouillé la cam- pague autour de la cabane, la pau- vre femme, épuissée, chancelante, était rentrée au logis et pleur.it. yeux, il vit un soldat prussien qui, descendu de cheval, tranchait vive- ment ses liens à l’aile d’un gros couteau. ‘‘Sauve toi et ne recommence plus, dit cet homme en mauvais français. (Ca me serrait le coeur de te savoir là exposé au froid mortel ou à la dent des loups. Je suis père de famille et j'ai pensé aux petits. Je me suis offert pour porter une missive au capitaine, à Allerey, et j'ai passé par le bois \ pour te délivrer.” Il fit boire une gorgée d'eau de vie au petit garçon, le frictionna pour ramener le sang à la peau et Violente, l’aieule l'arrêts au pas- sage et le regarde fixement... Mais il y a un langage qui s'exprime saus paroles et les prunelles de l’eu- faut, fixaut d’une manière signif- cative les yeux de la grand'mère, en disaient long sans docte, car elle lâche la petite main qu'elle avait saisie, ‘‘Suivez-moi !’’ dit l'enfant aux Prussiens d’un ton décidé. Et les voilà dehors, galopant dans la neige, Petit Pierre en croupe derrière un soldat. Et pendant cette course farouche, demeurée au logis sans plus penser à la soupe qui {brûie, l’aieule mur- mure, navrée : ‘‘Mon pauvre petit ! Je n’au- rais pas dû le laisser partir. Pour- vu qu’on ue lui fasse pas de mal !?”? Elle sait que Petit Fierre con- duit l’ennemi dans le chemin oppo- sé à celui de Louhans. Ille faut bien ! Quoique partis deux heures plus tôt que les uhlans, les Fran- çais seraient bien vite rejoints par l'ennemi, car ils sont à pied dans la neige, fatigués, mal chaussés... le prit «n croupe sur son cheval... ‘’Je te déposerait sur la route à la sortie du bois, reprit le soldat : il fera moins uuit qu'ici ; tu connai; le pays, tu te débrouillsras ensui- te !” Ainsi fat fait ; au moment le se séparer de son sauveur, Petit Pierre approcha ses lèvres de la joue du Prussien. î di . | ‘’Non, dit il en se ravisant sou- dain ; je ne peux pas donner un baiser à l’ennemi ; mais quand vous serez retourné en Allemagne, vous embrasserez pour moi votre petit garçon !”’’ Et il prit sa course vers le logis de l’aïieule. ROGER DOMBRE. Seulement, que diront les uhlans : quand ils s’apercevront que Petit | Pierre les a trompés ? Ah ! Sainte Vierge, l'enfant ! Après quelques kilomètres rapi- | dement franchis, les Prussiens, dé-| çus enfoncés sous bois, reconnu-, reut qu'ils tournaient dans un cer- cl: et que Petit Pierre les avait vo- lontairement mal dirigés. Leurs fureur fut sans borues : l’un d'eux leva même la crosse de son fusil sur le pauvre enfant. ‘Non, au fait, c’est un enfant !”’ murmura-t-il en laissant retomber ‘arme sans frapper. protégez | Mais, comme ils voulaient, d’une façon quelconque, user de repré- |sailles sur l’ordre de l'officier, homme sans coeur et sans pitié, les | Prussiens attachèrent le petit gar- |çon à un tronc d’arbre, en plein bois, et l'abandonnèrent ainsi, di- sant : "Si quelqu'un le délivre, tant mieux pour lui ! Simon, tant pis ! ce sera sa punition.” Et ils s’éloignèrent. Petit l’ierre pensa d’abord : ‘A présent, les Français sont en sûreté : les Prussiens n’ont plus le temps de les rattraper ! Puis il se dit : | “Bah ! j'at mon couteau, je tâ- cherai de le retirer de ma poche ou j'userai mes liens. ’’ | Mais il était solidement attaché dt tous ses efforts furent vains. | Alors il pleura, yoyant la nuit venir. | “Je suis trop loin de la route, pensait-il, et je sait bien que per- SOnne ne pasie jamais dans cette Î ge be et 4 Sick Headache, Biliousness, Dys- pepsia, Coated Tongue, Foul Breath, Heart Burn, Water Brash, or any Disease of the Stomach, Liver or Bowels. Laxa-Liver Pills are purely vegetable ; neither gripe, weaken nor sicken, are easy t® take and prompt to aet. | | } | | | } “Je mets la main à la plume pour vous faire savoir que le savon le plus pur, le plus agré- able, le meilleur pour la peau, c’est le Savon Baby’s Own Aucun autre savon légale. ALBERT TOILET SOAP CO. + «+ MONTREAL. Si vous tousssez, prenez le Lorsque Petit-Pierre ronvrit les |. | Instruments auront besoin. …#{ Edmond P. Gallant. RP RG RS PR a Ris rite oh w = ire er ab" “ é we will use you right. 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