L HE memes ns L’'IMPARTIAT,, JEUDI LE 21 AVRIL, 1898. La Charite Recom- : pensee Pepita, ma bonne Pepita, se hasarda de dire à sa gou er- nante un bon beurgeois de Va- lence, qui avait tourné au moins sa langue sept fois dans sa bou- Che avant de se décider à par- ler, Pepita, je voudrais vous! prier de préparer un bon et succulent diner pour le jour de Noel. À ce début, où perçait la crainte qu'elle inspirait à son maitre, Pepita fronça le sourcil, et témoigna par tous ses mouve- ments une contrariété à laquel- le avait pu s'attendre i’honnète bourgeois espagnol. —Vous vous y prenez bien tard, maître, répondit-elle d’une voix aigre ; nous semmes au 23 décembre, et c’est Noel après- demain. —Mais vous avez plus de ving!-quatre heures pour faire vos préparatifs. —Vous moquez-vous, maitre ? on voit que vous n'avez pas la moindre idee des peines que donne un ménage ! Ces vingt- quatre heures, ne sont-elles pas déjà plus qu'employées ? Ne faut-il pas frotter les meubles, les carreaux de vitre, et toute la maison, comme à la veille de chaque grande fête. —Vens remettrez cela de huit jours ; la maison est propre com- ane un bijou. — On voit bien que vous n’y entendez rien. Et puis, ma coas- cience donc ! Ne faut.il pas que je la nettoie aussi. Vous êtes bon, vous, maitre, il semble que vous seul ayez le droit de faire votre salut ! Si vous jugez à propos de communier dans la puit de Noel, peurquoi donc ne voulez vous pas que j'en fasse autant ? Est-ce que mon âme aurait moins de valeur que Ja votre ? $ —Eh ! non, ma bonne Pepi- ta ; vous savez que ceia est bien loin de ma pensée ; je veux au coutraire vous faire mériter le sie —Par ma patience, n'est-ce pas ? Vous l’exercez singulière- ment, maître. Je ne sais à quoi tient que je ne vous quitte pour aller finir mes jours dans un couvent, ou je pourrais du moins faire en paix mes exercices de dévotion. —Oh ! pe me quittez pas, Pepita ;que deviendrais-je sans vos soins ? Attendez ma mort peur vous retirer dans un cou- vent ; vous serez alors en état d'y payer une petite pension. — Que parlex-vous de mort, senor, dit la gouvernante, en essuyaut une larme vraie ou feinte ; vous vivrez, s'il plait à Dier, longtemps encore ; je vous soigne assez bien pour ce- la. —Je sais, ma bonne, tout ce que je dois à votre sollicitude ; mais ne sauriez-vous äjouter à vos complaisances celle de me laisser doamer ur Petit diner le jour de Noei. —Pourvu qu'il n'y ait pas beaucoup d: monde !.......… —Non ; seu'ement une famil- le, composée de trois personn®s : un homme, une femme, un en fant. —M'est vais qu'une ello po- drida et un rôti suffisent pour cela. __D'abord : mais ce sont des personnages que je désire trai- ter”avec toute la distinction pos- sible : ainsi que le rôti soit un) beau faisan, farci detrufles, sans compter quelques petits d'œuvre délicats, et quelques! uns de ces mets sucrés que vous, | | gavez si bien confectionner, Pe- |choses de ce monde conme je le OXIEN £ Î * | fais aujourd'hui, j'en aurais été pita. Si ce sont des gens de dis- tinction pensa la servante, ils | me donneront sans doute quel- que petite ratification, comme jiest d'urage quand on sait TI = vie. Elle fit donc avez zele ses Préparatifs ; maie grand fut son désappointement quand elle re- connut dans les convives atten- dus des voisins pauvres et de médiocre condition, que son maitre recut avec toate sorte de! cordialité, de prévenances, d'af- fection même. Elle les servit avec une hu- meur massacrapte, que l'amphy- trion cherchait à dissimuler de son mieux en saisant lui-même les honnerrs de sa table, où les meilleurs vins de Ja cave étaient générensement présentés. Jamais ces bonnes gens n'a- vaient fait un si contortable re- pas. L'année suivante, nouvelles circonlecutions de la part du maitre, nouvelles difficultés de la part de la servante pour se prêter à ce quelle appelait une ridicule fantaisie. On l‘a déjà compris, cette femme exagérait son embarras et le mérite de ses services iutéressés ; elle avait su persuader à son maitre que ses soins étaient indispensables à sen existence, et abusait singu- hèrement de l'autorité qu'il lui avait laissé prendre. Depuis longtemps, parents et amis da vieillar l avaient été é- cartés par l'opposition et les mauvaises facons de cette fem- me. Bien qu'il se laissât ordinaire- medt mener par Pepita, il fit cette fois une résistance vrai: ment héroïque. — Vous voulez donc envere une fois traiter des gueux! lui dit-elle. —Tout beau, Pepita, j'en ai je fait le rœu, et ii faut bien que l'accomplisse ; voyons, vous qui avez de ia religion, n'avez-vous jamais été peinée en songeant aux rebuts que la Ssinte-Fa-. mille a épronvés à Bethléem, et ne regrettez vous pas de n'avoir pas été sur son chemin pour faire bon accueil à ces h tes ve- nérables Eh bien ! ce que nous n'avons pas été à même de faire a.ors, puisque nous n'existions pas, nous pouvons le faire au- jourd’hui, en accueillant on mé- moire d'eux les pauvres qui nous les représentent. Malgré son mauvais caractère, Pepita avait quelques senti- ments de piété, et cet appel fait à son cœur ne fut pas stérile. C'est ainsi que la vraie charité est contagieuse ; Pepita accueil- lit done cette fois les pauvres convives de son maitre avec plus d'égards et ne laissa pas désormais de s'améliorer dans l'exercice de cette hospitalité annueile, à laquelle désormais elle ne mi; plus d’obstacle. Do- rénavant, elle servit même vo. lontiers d’aïle de camp au vieil- lard sans la distribution ds ses aumônes ; et, sans néglizxer de Jui faire toujours un peu son pargatoire, elle l'accompagna ains’ jusqu'à la porte du para- dis. Parvenu à un» vieillesse a- vancée, le digre bourgeois sen- tit enfin s’approcher son dernier jour. Malgré sa vie pure et chari- table, qui semblait lui permet- tre une sainte et henüreuse mort, il se jugrait sévèrement aux Jueurs uaissantes de l'éternité. 11 se reprochait de n'avoir pas été assez fervent, assez mortifié, et surtout, regrettait de n'avoir pas fait encore plus d'aumônes — À quoi me servira désor- mais, disait-il, cvite boue que j'ai tant ménagée, et que je ze puis emporter arec moi ? J'en ai bien répaadu, il est hors-| vrai, quelque peu dans le sein des pauvres ; mais, si ma vie é- tait à recommencer, jugeant des bien moins parcimenieux. Le demon cherchait à expiol- ter cette disposition pour le Jje- ter dans le découragement e à à Voir LE, à æ Le “ . } itii ittofrirel aies fe FEurs {tie ia \ux barhors du qpuu aigre duel | and old. t | Pepita ne parvenait point à cal- mer ; tout au plus celle du prê tre, qui lui apportait les secours de le religion le consolait elle momentanément. L'agouie allait commencer. —Tout à coup la chambre du malade, où l'on ne iaissait péné- trer aucun étranger, s'ouvre d'elle même,et trois augustse visiteurs se présentent au che- ret de l’agonisant. C'étaient Jésus et Marie, l’es- pérance et le salut des mou-- rants ; c'était Joseph, le patron de la benne mort. Leur vue seule devait 1llumi- ner d’un rayon de joie le regard éteint du moribond ; mais com- bien surtout son cœur dut se di- later quand il ouit de leurs bou- ches sacrées ces eonsolantes pa- roles : “Tu nous as si souvent fait asseoir à la table qu'il s'est bien juste que nous veniens enfin t’'inviter à t'assroir à la nôtre Divinement consolé, le mala- de rendit son âme dans la paix et la joie du Seigneur. et alla prendre place à la table céleste Le témoignage de saint Vin- cent-Ferrier garantit l’authenti- cité de cette histoire miracu- leuse. Le Pape Pie V11 a con- sacré i’exemple touchant donné par lé bourgeois de Valence, en accordant une indulgence de sept ans et sept quarantaines à toutes personnes qui donneront à manger à trois pauvres en mé-— moire de Jésus, Marie et Jo- seph, pourvu qu’elics aient un vrai repentir de leurs fautes ; cette indu!zence devient pléni- ères si, ce jour là, l’auteur de cette bonne œuvre s’est confessé et a communié. Quant aux membres de la famille qui con- tribuent, ne füt ce que par leur présence à cette œuvre hospita- lière, et aux serviteurs qui y participent par leur concours, ils gaguent chacun cent jours d'indulgence. (Pie V11, 1815.) J. M. de Gaul'e. Our Native Herbs Cures a 1 diseases arising from an ,\mpure ccndition of th: blood, such is Rheumatism, Kidney Disorder. 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