UD>101>PŒ .WŒEMÎjîQÉN dm.fl-<'>FQ —v1m: F mu mD<Cm0n propriété au ll4. rue Upper Prince à Charlottetown où ils passèrent le reste de leur vie. On tenait compte de chaque dollar gagné et on ne dépensait que pour les strictes nécessités de la vie. Confiant que sa femme veillait à la bonne marche des affaires de la famille. Henri, pour sa part. pouvait bientôt commencer à s’intéresser de façon plus active à ce qu’il avait caché au fond de lui jusque- là: la cause acadienne et le plein épanouissement de ses compatriotes. et aussi à faire son travail d’animateur au sein de la communauté acadienne. Toute première demeure (1912—1918) de J. Henri et Ursule Blanchard au 183, rue Hillsborough, Charlottetown. Tourmenté depuis longtemps par les injustices sociales et économiques que devaient subir les Acadiens et Acadiennes de l’Île—du-Prince-Édouard en général. Henri Blanchard avait vite reconnu le fait que ses compatriotes ne parviendraient jamais à améliorer leur condition sans recours à l’éducation. Trop nombreux étaient les Acadiens et Acadiennes qui ne voyaient dans l’éducation qu’un privilège réservé à la classe dirigeante anglophone de la province. Rappelons-nous qu’à l’époque le Collège Prince-de-Galles était la seule institution a offrir les cours préparatoires pour ceux et celles intéressés à poursuivre une carrière dans l’enseignement ou à continuer leurs études universitaires. LA PETITE SOUVENANCE” n 2° Collège Prince-de—Galles. 2006 Avant d’être accepté(e) comme étudiant ou étudiante à cette institution de haut savoir, il fallait en premier réussir les examens établis par le ministère de l’Éducation de la province. Par conséquent, ce n’était que les élèves les plus doués qui avaient une chance d’être admis et d’obtenir un jour le certificat d’enseignement tant convoité. Pour les jeunes Acadiens et Acadiennes qui n’avaient pas toujours une très grande facilité dans la langue de Shakespeare, il était d’autant plus difficile de voir leurs efforts couronnés de succès dans cette institution de langue anglaise. C’est donc précisément dans ce domaine que le professeur Blanchard a d’abord fait voir son intérêt et son encouragement en faveur de ces jeunes francophones. quelque peu dépaysés dans ce milieu collégial de mentalité anglaise. Vite à reconnaître leur timidité. leur manque de confiance. leur ennui aussi. il faisait le nécessaire pour s’intéresser à chacun d’eux à mesure que l’occasion lui était présentée. Bientôt ces étudiants acadiens se sont aperçus de l’intérêt qu’il leur portait et ils en sont venus à comprendre que l’on n’avait qu’à se présenter au bureau du professeur Blanchard après les heures des cours pour recevoir de lui des explications supplémentaires et des paroles encourageantes. À cet effet. le témoignage de madame Matilda Richard de Summerside est fort éloquent. Devenue enseignante à la suite de son séjour au Collège Prince-de-Galles. elle disait : «J’étais si contenté de rencontrer Henri Blanchard. ll était comme un père pour moi en ce temps (l92l-l922). Arrivée à Charlottetown. ils commencèrent à me montrer l’algèbre... je n’y comprenais rien. >> Alors. elle se présenta au bureau du professeur Blanchard. lui expliquant qu’elle était complètement perdue dans l’étude de cette matière. ll lui a suggéré de rester un soir ou deux après les cours réguliers pour qu’il lui donne des explications plus détaillées. C’est ce qu’elle fit. Elle poursuit ses remarques : «Ça n’a pas pris plus que deux ou trois soirs que j’étais au niveau des autres. >> Voilà un simple exemple parmi tant d’autres que l’on pourrait citer et qui nous font voir l’effort très sincère que monsieur Blanchard savait foumir pour faire comprendre à ces jeunes francophones qu’ils pouvaient arriver à des résultats aussi fructueux que n’importe quel autre étudiant. ll cherchait ainsi à leur faire reconnaître et apprécier leurs propres capacités et à les encourager à développer leur plein potentiel. Toujours sympathique à l’égard des moins favorisés. il n’arrêtait pas là ses gestes d’encouragement. ll savait bien que ces fiiturs éducateurs allaient devenir les combattants sur la ligne de défense pour la cause acadienne. et quais seraient les premiers ouvriers contre la marée d’anghcr- sation menaçant de plus en plus les Acadiens insulaires. Malgré son faible revenu personnel, il se permettait quand même d’inviter ces jeunes étudiants francophones a‘se rendre chez lui où lui et sa femme leur offraient. une fois par an, un vrai repas de famille. A ces occasions, Ursule. extérieurement sévère et autoritaire mais accueillante l 3 i