Henri Blanchard a commencé son éducation dans la petite école de Duvar. À l’âge de douze ans, il se rendait étudier à l'école secondaire de Tignish où il eut Gilbert Buote comme professeur de 1893 à 1894. C'était l’année de la fondation de L’Impartial, le premier journal de langue française publié dans l'Île. Gilbert Buote en était le propriétaire et le rédacteur. C’était un homme qui avait aussi une grande passion pour l’histoire et la généalogie. Quoique peu méthodique, Buote était, comme l'écrira plus tard Blanchard « un splendide érudit », or un homme très renseigné qui souvent parlait aurdessus de la tête des élèves ». Cet éminent maître a été pour Blanchard une autre source d'inspiration. (Cécile Gallant. L'Oeuvre clef—Henri Blanchard, conférence présentée à Moncton le 26 octobre 1985, lors du colloque qui soulignait le 25‘ anniversaire de la Société Historique Acadienne) Quand les portes de l‘école se sont ouvertes a l'ete' de l894 pour la reprise des cours réguliers. Henri Blanchard n'était pas parmi les élèves qui ont répondu a l‘appel des présences. En effet. le jeune homme ne retourna pas à ses études au cours de cette année scolaire. La raison précise pour son absence ne nous est pas connue mais on peut spéculer sur le fait que. son père étant obligatoirement absent de la demeure familiale pendant plusieurs mois chaque année en tant que député à la législature, on avait certainement besoin des services de l'écolier pour aider aux travaux de la ferme. Ainsi Henri passa l'année scolaire de l894-l895 chez lui en partageant bon gré mal gre' les besognes quotidiennes qu'exigeait l'entreprise familiale de la ferme. Déjà assez solide et fort physiquement. et jouissant d'une charpente de jeune costaud, l-lcnri s‘est mis à bûcher le bois de chauiTagc nécessaire pour les longs mois d'hiver rigoureux communs a notre climat et à s'occuper des labours de la ferme. Cc dur travail corporel a sans doute bien contribué à le faire connaitrc plus tard sous le nom familier de u I’eggy ». solidement planté. comme unc cheville ou << pcg». surnom que lcs étudiants du (‘ollégc l’rincc—dc- (.iallcs lui ont donné en raison tlc sa prouesse sur l‘équipe dc football collégiale ct par lcqucl il a été itlcntitié par plusieurs générations de jcuncs sur lc campus dc ccttc LA PETITE SOUVENANCE ’ " Ï "Ï'ÎÇaïî Gilbert Buote, auteur présumé de Placide, l’homme mystérieux, premier roman acadien (1904—1906) écrit par un Acadien institution académique de C harlottetown. Ayant perdu une année complète de scolarité. Henri avait hâte de reprendre le chemin de l'école et de ses études dès l'ouverture des classes. Au mois de juillet 1895. il retourna donc à l’école supérieure de Tignish pour _v suivre. cette fois. les leçons d‘un autre instituteur. Charles Gavan Dut‘fy. De cet enseignant. monsieur Blanchard gardera des souvenirs fort élogieux. soulignant en particulier l'intelligence de cet homme et les dons exceptionnels qui faisaient de lui un excellent professeur. D'ailleurs. il faut bien croire que ce même mon- sieur Dut‘fy possédait encore bien d‘autres talents que ceux attribuables a l'enseignement car il allait plus tard devenir avocat etjuge de la cour provinciale. Quand la période des vacances de Noël a pris fin en l806. Henri n‘a pas pu retourner a ses études a l'école de Tignish. Car. étant donné que son père .lére'mie devait forcement passer les mois de la session a Charlottetmvn. on a juge bon d‘envoyer Henri vivre avec lui dans la capitale. Ceci lui exposait davantage a la vie plus mouvementée ct excitante. mais surtout. lui ot‘fmit l'avantage de poursuivre ses études académiques dans un environnement scolaire plus sophistiqué. Cc fut donc connue élève dc monsicur .Iamcs landrigan. à l‘école Quecn Square. qu‘il poursuivit son travail scolaire cette année-In. Chapitre III : Ses débuts dans l'enseignement; son perfectionnement académique l’étudiant .ur tîollcitc l’riuccalc‘tinllcs; scs prcniicrs poxtcs d’cnscigncmcnt; son gout pour la lecture; l'Association tlca instituteurs .uadicns; sa participation aux réunions; pnttcsscurctudtant .iu collège Sarnt—Dunstan; poste i‘t temps partiel .iu (Éollt‘gc l’rincc—dc—(iullcs; l'obtcntion d’un poste d'cnscrgm‘mcnt permanent. A l'llgo de lo uns. llcnri Blanchard se scntuil déjà vive- ment attiré vers une l‘uturc 'arrièrc dans l‘enseignement. ll lit alors son entrée à l‘école u normale » au Collège Prince— de—Üalles en vue de se préparer pour le travail qu'il allait POUFSUÏVI‘B pendant cinquante années. Ses notes scolaires étant l‘on convenables, il t'ut accepté à suivre le programme de son choix. Au mois de septembre 1897. il commença ses étuch pour l‘obtention d‘un diplôme d‘enseignant. A l‘époque. ces cours ne dumient qu‘une année. Ainsi. au mois de juin UNS. il reçut le certificat tant attendu qui lui permettait de débuter sa longue carrière d‘éducateur et de pédagogue. PAGE 21 4m m—<*>ñm Ufl>101>FlU “"DIHIŒ ‘î-i HIC ‘mfl<CM°F—'