MARS 2002 Sept ans après le décès de son mari, un autre malheur frappe Dauphine Arsenault. Elle perd pratiquement tous ses biens dans un incendie, mais elle réussit miraculeusement à sauver des flammes sa vieille mère aveugle, Bibiane (Poirier) Arsenaultô, qu’elle soignait depuis plusieurs années. Voici comment les journaux rapportaient ce triste événement : Incendie à Egmont Bay Dame Veuve Prospère Arsenault, soeur de I'hon. Jos. 0. Arsenault, a eu l 'infortune de passer au feu vendredi dernier. Le gros vent qu’il faisait éparpillait les étincelles qui a mis le feu à Ia maison et à la grange. On n 'a eu temps de sauver qu’un moulin à coudre et une voiture. Tout le reste a été réduit en cendres. Mme Arsenault a eu beaucoup de peine à arracher aux flammes sa vieille mère, âgée de près de cent ans, et en opérant ce sauvetage héroïque elle s'est brûlé la figure et les mains. Il n ’y avait pas d 'assurance sur les bâtisses et les pertes de Mme Arsenault sont considérables7. Ce drame familial est aussi rapporté dans la notice biographique de soeur Saint— Fulbert : Une autre que madame Arsenault se serait peut—être découragée en cette journée du 21 août 1891. alors qu’un incendie se déclara soudainement à sa maison. Son premier geste fut de se porter au secours de sa mère alitée et âgée de cent ans [sic] qu ’elle gardait chez elle. À force d’adresse, elle parvient à la faire passer par une fenêtre. Elle réussit également à sortir le lit de la malade et, l’ayant fait coucher à une certaine distance du brasier, elle retourna au lieu du sinistre afin de pouvoir sauver quelque chose, mais ce fut en vain. Tout son avoir fil! réduit en cendre sauf sa machine à coudre. La providence lui avait épargné l’instrument de ses innombrables charités. Bibiane Arsenault est morte deux ans plus tard, soit le 3l août 1893 à l’âge de 99 ans. Qui sont ces onze orphelins et orphelines que Dauphine Arsenault a accueillis chez elle? Nous n’arrivons pas à tous les identifier, mais il y en a quelques—uns dont nous sommes certains. Il faut aussi préciser qu’ils n’étaient pas tous orphelins, comme sa nièce, Madeleine Gallant, née le l2 septembre 1851. fille d’Hyacinthe Gallant et de Marguerite Arsenault d’Urbainville, qui fut probablement la première << élève » de Dauphine. Elle ne s’est jamais man'ée et est toujours demeurée avec sa famille adoptive. Elle est morte au mois de septembre 1920. L’un des premiers orphelins, sinon le premier. à être « adopté » par Dauphine fut Abel Poirier (1877-1943). petit-fils de sa soeur Barbe qui était mariée avec l’homme d’affaires de Miscouehe, Joseph B. Poirier. Né le 3 juin 1877. Abel était le fils d’Avit Poirier et de Belsamée Gaudet. ' I L Illustration du Moniteur acadien ( l892), publiait une gravure de Bibiane Arsenault. lu seule lemme a paraître d ailleurs dans ce hvrct du 25° anniversaire du joumnl publié n Shediue. On écrivait a son sujet : « [Elle est aveugle depuis l0 ans. mais sa mèmorrc est toujours bonne, surtout quant aux évènements de l'ancien temps. Elle reconnaît encore ses parents et amis par le son de leur voix. n 7 L’ÉvangéltnelO septembre l8‘)l. Repris du Mont/eur acadien. PAGE 29