l4 avertissent la famille qu'un de ses membres va mourir. Parfois, on entend des sons étranges, ou on voit des lumières dans les endroits fréquentés par la personne qui doit mourir. Si le chien hurle sans raison apparente, on croit que l'animal sent qu'il va perdre son maître. Quand une personne est gravement malade, des femmes charitables des maisons voisines ne manquent pas de venir assister la famille affligés. Ordinairement, elles savent sans se tromper si la maladie est fatale et elles avertis- sent la famille éprouvée lorsqu'il faut aller chercher le prêtre. Même les jeunes qui viennent d'entrer en ménage ne craignent pas en pareil cas de prononcer jugement d'après leurs observations intelligentes et justesr En présence de la mort, elles sont ordinairement calmes et serviables. Sans avoir fait de cours dans les hôpitaux, elles sont, en général, bonnes garde—malades. Après la mort, on arrange convenablement la chambre mortuaire, ayant soin d'ôter tout objet qui n'est pas nécessaire ou utile, toute chose qui sent la vanité ou la frivolité. On y met tous les objets de piété qui se trouvent dans la maison; au mur, près du cercueil, on accroche des images de Notre Seigneur, de la Sainte Vierge et des saints. Pendant les jours où le corps est exposé, on récite à courts intervalles, des prières pour les morts, le cha- pelet et les litanies. Lorsque les jeunes gens jugent que ces exercices sont un peu trop longs, ils se retirent discrètement dans une autre pièce pour jouer aux cartes ou s'amuser avec plus d'abandon. Autrefois, des prières liturgiques étaient récitées par un ancien qui savait lire ou par une ancienne qui les savait par coeur, après quoi, on chantait en deux choeurs des cantiques en l'honneur de Notre Seigneur ou de la Sainte Vierge; les filles et les garçons alternaient les versets; ceux—ci étant d'un côté de la piêce et celles-là de l'autre. Entre ces pieux exercices, on causait tout bas, les bonnes anciennes suggérant des sujets de conver- sation édifiants et voyant ä ce que les jeunes gens eussent une attitude respectueuse. Dans le passé, comme au 20e siècle, on parlait, pen— dant ces longues veillées, des signes avant-coureurs de la mort qu'on avait remarquée, des choses que le défunt aurait dites qui semblaient indiquer qu'il avait eu un pressentiment de sa fin prochaine. Surtout si la mort avait été subite, on essayait de trouver quelque indica— tion qui dénotât que la personne avait été prévenue du dénouvement fatal. Alors on entendait des remarques telles que cellesaci: "Avant de sortir ce jour—là, il fit telles