30 à une autre, mais sans pouvoir arrêter sur 1a terre à cause du péché d'Adam et d'Eve, nos premiers parents.“ Autrefois, on croyait que de petits êtres, qu'on appelait lutins, fréquentaient les prés pendant les belles nuits de pleine lune. On ne les voyait pas ordinairement. Mais on semblait avoir des preuves de leur existence. Ils s'emparaient souvent des meilleurs chevaux pour faire des courses pendant la nuit. On trouvait ces chevaux le matin tout ruisselants de sueur avec la crinière tressée et nouée. Les lutins ne se servaient ni de selle ni de bride: ils nouaient la crinière des chevaux de manière à se façonner des petits étriers. Les chevaux dont ils se servaient pour leurs courses nocturnes étaient toujours en bonne condition, car les lutins ne manquaient pas de les bien nourrir d'avoine. Il y en avait quelques—uns qui disaient qu'ils avaient vu de ces petits êtres et qu'ils croyaient qu'on pouvait les tuer, si on faisait bouillir les balles et si l'on portait sur soi un trèfle à quatre feuilles. Si on se permettait de défaire les tresses et les noeuds faits par les lutins, ils se fâchaient et battaient les chevaux dans l'étable. ces chevaux hénnissaient, d'écume. Alors se débattaient et se couvraient Une autre croyance qui fournit matière à une histoire pour amuser les enfants est la suivante: Dans un lointain passé, les animaux avaient le pouvoir de parler comme les êtres humains. Pour une raison connue de Dieu seul, ils ont perdu ce don. Seulement à minuit, la veille de Noël, en l'honneur de la naissance de l'Enfant Dieu, ils recouvrent pour un instant l'usage de la parole. On croyait aussi qu'à ce moment les bestiaux se mettaient à genoux quelques instants pour adorer leur Créateur. Mais on ne devait pas aller à l'étable pour vérifier ces choses, car la personne assez téméraire pour le faire mourrait certainement pendant l'année nouvelle. Cependant, un certain maître d'école qui se glorifiait de son savoir —— il savait même le latin —— se rendit à l'étable vers minuit la veille de Noël pour se rendre compte de ce qu'il y avait de vrai dans cette légende. A minuit sonnant, le coq, perché sur le haut de l'étable, ouvrit la conversation en chantant, à gorge déployée, voix de soprano, les mots: "Christus natus est; Christus natus est!“ Le boeuf à voix de baryton, demanda, "Ubi? Ubi?”