les locaux de l'école Queen Square. Par conséquent. les professeurs du collège se trouvaient libérés pour l’avant- midi. En ce temps-là. monsieur Blanchard et Ursule avaient embauché une domestique pour aider à faire le ménage. étant donné que plusieurs des enfants étaient encore à la maison. Dans la cuisine se trouvait une porte qui donnait accès à la cave. Pour empêcher que les enfants fassent des chutes malheureuses par la porte laissée ouverte par inadvertance. l'on y avait fixé un crochet hors de la portée des enfants pour ainsi toujours garder la porte bien fermée. La servante en question semblait bien foumir un travail satisfaisant et convenable a la famille. mais malheureusement. elle avait un handicap physique plutôt ennuyant: elle était dure d‘oreille! Cet état physique lui permettait probablement de mieux supporter le brouhaha des enfants. mais pouvait en même temps être la cause de certains ennuis pour ses employeurs. L'exemple suivant nous le fait comprendre sans contredit. Un bon matin. madame Blanchard est partie faire ses emplettes en ville. laissant son mari à la maison avec la servante qui s‘occupait alors de préparer le dîner. Au cours de la matinée. monsieur Blanchard est descendu à la cave pour une raison quelconque. La servante a dû s'y rendre elle aussi quelque temps après pour ramasser des légumes. En revenant à la cuisine. elle a remis le crochet à sa place sans penser que son patron se trouvait encore en bas. Voyant que l'heure du repas approchait. et qu'il devait se préparer pour les cours de l‘après-midi. monsieur Blanchard mit fin à son travail et monta les marches pour se trouver... devant une porte barrée! Réalisant que c‘était par inattention et par habitude que la bonne lui avait fermé la porte. il lui a cric’ de venir lui ouvrir. Mais en vain! Elle n‘entendait rien! Alors. il cria plus fort. il donna des coups de pied a la porte. il frappa le plancher avec un bois a l'endroit ou il pensait la bonne se trouvait. soit debout ou assise. Mais ses ellorts furent inutiles. car la servante restait u sourde » a ses appels et aux cris retentissants qu‘il produisait a la porte close. il dut passer un bon moment. assis sur les marches de la cave. attendant le retour de son épouse. A son arrivée. Ursule courut immédiatement ouvrir la porte a son pauvre mari maintenant l‘urieux ct impatient. 'l'outel'ois, une l'ois libère de sa prison temporaire. il lut le premier a excuser la faute de la servante ct a rire de bon cœur de sa « réclusion u. lîn N38, il publia littn‘lELLLÆIISLJRilLQlëëQWiEtISllQuM. Volume dans lequel il put parler de la paroisse qui l‘avait vu naître. (‘e texte l'ut publie pota souligner le l75“ anniversaire de lu venue des premiers colons. du centenaire de l’cglise paroissiale et du jubile de dirunaru (Sic Monseigneur Jean Chausson, le cure de Rustico pendant 5 arts. Au mois d'août de la même année. lui et sa famille se sont réjouis quand ils ont appris la nouvelle que l'Academie française venait de lui décerner une médaille pour les services rendus a la cause française. Les ett‘orts LA PETITE SOUVENANCE’ personnels qu‘il avait manifestés depuis ses débuts dans l‘enseignement et son travail de pionnier pour le relèvement du peuple acadien lui apportaient une récompense fort bien méritée de cette institution française grandement estimée. Les honneurs que l'on lui accordait. et qui arrivaient maintenant de plus en plus fréquemment. ne l'ont pas empêché de dire à son entourage qu'il considérait ces honneurs comme une marque de reconnaissance que l'on ofl°rait à l'ensemble du peuple acadien plutôt qu'à lui seul. Malgré cette modestie. il n'était pas facile d'ignorer la contribution plus que généreuse qu'il procurait a la cause française. Cela est très clair dans les remarques de monsieur Omer Héroux. rédacteur en chef du journal Le Devoir. de Montréal, alors qu'il écrivait en 1943:1] est de ceer dont la rencontre fait du bien. Si modeste qu'il soit. il ne peut empêcher qu'on sente qu'il habile spirituellement les hauteurs et qu'il est un être de la grande espèce. « En tournant les Pages de l‘histoire, on rencontre ClCS eu les ui, moins crsécutés ue le. eu le acadien, P P Ci P “i P P . V ont" abandonné leur langue. et souvent leur iot. mais ou ailleurs rencontre—bon un autre eu le ur art . . , . P P ‘i résshäausmlongiempsctausstwctoneuscmentaux Persécutions contre sa langue? »> J. Henri Blanchard : au Congrès de la Langue française à Québec, 1937 Henri Blanchard fut a nouveau le récipiendaire d'autres honneurs et éloges pendant l'année 1945. Le travail qu'il continuait à faire parmi les siens lui a d‘abord valu un certificat de remerciements de la part de la Société du bon parler français. Mais bien plus émouvant encore pour lui t'ut la fête organisée en son honneur par les boursiers-étudiants de la Société Saint-Thomas—d'Aquin, le l3 août l945. En réponse a leur témoignage de gratitude pour le bien qu'il leur avait procuré. et répondant en même temps a la présentation d'une bourse d'argent qu‘on lui avait alors oti‘ert. monsieur Blanchard leur avait parle en ces tenues: lino ure: été les porteurs du flambeau l‘c't‘.\‘ lequel Houx tous jetionx les j‘eur dans les jours sombres. Nous m'iunx grundentcnl miroir d'avoir confiance en vous t‘rrr vous ne nous ure: pas Inmtpt‘x. ll s‘adressait à ce moment a plusieurs jeunes gens qui avaient été parmi les premiers boursiers de la Société Sainel‘hornasd‘Aquin et qui revenaient a l‘lle pour seconder les ett‘orts de ceux qui. comme monsieur Blanchard. avaient tant travaille pour leur permettre d'élargir le champ de leurs connaissances. Dans ce groupe. l‘on remarquait en particulier .lean Doimn qui deviendra rédacteur du joumal acadien a l‘lle. La loir acadienne. ainsi que Joseph Leclair et Denis (iallaut qui allaient se diriger bientôt vers les rangs ecclésiastiques du diocèse de (‘harlottetowra Adrien Arsenault. destine a l'aire sa marque comme professeur a l’Université de l‘lle-du-Prince-l‘îdouar‘d et aussi comme peintre et auteur et Aubin Doiron qui recevra le grand honneur de représenter la reine Elisabeth comme lieutentint-gouverneur de la province. En soi. il avait devant lui dans la salle ce soir—là les premiers PAGE 35 t-trn' fit-tig ï"): aidant": r-' au baudet-noie Ul!)>:(721)>f'ù