23 crèche. Tous s‘agenouillent et prient avec ardeur le Petit Jésus. Les enfants ont dépose leur cents dans la main du Divin Messie, et retournent dans leurs bancs. Après quelques minutes de silence, l'orgue*sous les doigts agiles du petit Arsêne, frisonne, tremblotte et gronde, et, le jeune Aubin, le soliste de la paroisse, entonne de sa voix claire et pure, "Minuit Chrétien, C'est l'heure solennelle où l'homme Dieu descendit jusqu'à nous!" “Noël! Noël!"chantent vingt poitrines sonores tandis que Lafleur, monté sur une estrade, bat la mesure en hâtant ou retardant les vibrations de gestes significatifs. M. le Curé a fini de confesser. Une armée de tout petits garçons revêtus de surplis blancs, portant chandelles allumées, défilent en cadence, puis deux acolytes suivis du prêtre, paré des plus beaux vêtements. Ils montent les degrés de l'autel. Les paroissiens s'inclinent respectueuse— ment et le Choeur entonne avec ardeur, "Kyrie Eleison.” Les lèvres se remuent en silence! Flambeaux et chandelles sautillent d'allêgresse, et au parfum des fleurs se mêle celui de l‘encens qui brûle en faisant monter sur le tabernacle un nuage de fumee blanche odorifôrante. L'humilitê et la grandeur se reflètent partout dans ce temple divin. "Sursum Cordaf dit le pTÔtTC, d'une voix tremblante, et les vieillards regardent leur demeure future. "Agnus Deif annonce l'orgue, et l‘espérance renait dans tous les coeurs. Plusieurs se sont agenouillôs au banquet sacre et maintenant, la tête inclinée sur la poitrine, prient sans distraction. La messe terminée, le bon Cure monte en chaire et explique aux fidôkn;les beautés du mystère de cette nuit, et conclut ses exhortations en leur souhaitant "une heureuse Noël” dans le Seigneur et une "Bonne et Sainte Nouvelle Année.” Alors les paroissiens quittent â regret les bonheurs de cette fête et retournent mieux disposes dans leurs demeures. Après avoir dormi tard ce jour—là, la paroisse se réveille gaie. Fils et petits—fils se rassemblent sous le vieux toit paternel où l‘aîeul aux cheveux blancs préside à un banquet somptueux ou les pots—en—pots, les pâtes aux lapins, râpures, taffê à la mélasse et autres mets délicieux et rares se rangent sur une table bien mise.