Estimé donc par tous ceux avec qui il venait en contact. ce fut difficile de ne pas reconnaître et profiter des immenses talents et du savoir du professeur Blanchard. En l937. quand il fut question de trouver des candidats qualifiés pour remplir les postes de directeur et de directeur adjoint au Collège Prince—de-Galles, ce fut d‘abord à lui que les LA PETITE SOUVENANCE” “ “-‘ z certain qu‘il s’est grandement dépensé dans l‘espoir de voir son père Jérémie se faire nommer membre à la Chambre haute à Ottawa. Après la nomination de Joseph-Octave Arsenault en l895 et sa mort en 1897. les Acadiens de l‘lle-du-Prince-Edouard avaient vainement attendu voir un des leurs les représenter au sein de PAGE 33 autorités administratives ont immédiatement pensé. On ce groupe parlementaire. il faut donc comprendre que ne pouvait surtout pas l'ignorer précisément à cause des monsieur Blanchard avait deux bonnes raisons de travailler ‘È honneurs qu‘il s‘était attirés à lui-même et conséquemment si ardemment pour la nomination _de son père au Sénat. A a; à l‘institution collégiale par son travail patriotique et ses ce moment. les Acadiens de l‘lle avaient organisé une 1:: publications. L‘on lui a demandé en premier d‘accepter campagne au Canada français et. par tous les moyens o le poste de directeur. Mais sachant trop bien la grande justifiables. se préparèrent pour faire nommer Jérémie au 5 responsabilité que cela exigerait de lui. il a préféré opter Sénat canadien. Deskrequétes signées par presque la totalité ‘v pour le poste de directeur adjoint. ll a rempli ce poste des Acadiens de l‘lle. des résolutions d'assemblées. des LIE! jusqu‘à sa retraite del‘enseignement en l948. lettres personnelles ainsi qu‘une requête des prêtres acadiens furent toutes expédiées au gouvernement. ll y avait également toute l‘organisation de la francophonie «...ii nous fautaùourci'iwuifinousAcaclicns Français à l’extérieur de l'Île même qui prêtait main-fone dans dei’llc—ciu-F'rinc’e—Éclouard.des hommes instruits. ces revendications. Une délégation de trois Acadiens ï“ trèsrnstruits mèmc.cles iiummcsqur mettent leur d‘influence se rendit a Ottawa dans l‘espoir d‘influencer nationalité au—cicssus clel‘or et des honneurs, la décision finale du premier ministre. Malgré cette cam— i des hommes quipumscnt combattre danslcs pagne si bien orchestrée. la Idemande'v'enant des Acadiens Ï.‘ Parlements.Plaidcrcicvanties tribunauxconciuire de Nie fi“ Ignoree et_ 39,11?“ d? Jer‘îmle BlanChaTd. ‘0‘" le Peuphgmdcr ses ctçorts‘gmUPCr ses (marges; en nomma unhautre qui n etart qu un débutant sur la scene 1A dCâ i’tommca, Cl" un mot, qul sont CC qUCÎ iC cerveau ponthue canadlenne' g ç CS‘JUCUFPS'” Plus tard dans la vie. monsieur Blanchard contait a ses Ï t7. Henri Blanchard : Les Acadiens de l’Île St-Jean amis. avec beaucoup de fierté d‘ailleurs. le déroulement de ä (1921) la discussion plutôt acerbe qu‘il avait eue par après avec le premier ministre lui-même. ll s‘agit évidemment de William Lyon Mackenzie Kinu. parmi un des principaux leaders politiques de notre siècle. A l‘occasion de l‘élection fédérale de l925. le premier ministre était de passage a Charlottetown. Lors de la réception tenue dans son wagon privé du chemin de fer. Mackenzie King reconnut monsieur Blanchard qui avait été une des trois personnes autorisées a présenter la réclame des Acadiens au premier ministre sur la question d‘un sénateur acadien pour i‘ile. Monsieur King invita l-ienri Blanchard a le rencontrer après la réception pour lui parler en privé. Alors. il procéda a expliquer a Monsieur Blanchard les raisons pour lesquelles il avait favorisé un autre candidat a la place de Jeremie. Mais monsieur Blanchard n‘acceptn pas les raisons ott‘ertes et le premier ministre a pris la défense. De part et d‘autre. les esprits se sont chautl‘es au point ou monsieur King lui avait réplique: << lim dont It’tl/ÎZL’ m u'hom ion (m' smoking si et llcuri de répondre : << For rou. 1 vagin hcjm'l a lin/e Imc/rer.’ [lut lu me, _t'ou'rc orin Bill)“ King! » Semble-t-il que l‘argument a lini n et il t‘uut bien croire que l‘incident fut Connu de plus en plus dans la ville capitale de l‘lle et aussi à l‘étendue de la province insulaire. il ne fut pas étrange (le voir les dilférents partis politiques jeter plus d‘un regard intéressé en sa direction dans l‘espoir qu‘il devienne candidat pour eux au niveau provincial. Le Parti libéral, en particulier, aurait bien voulu le voir s'inscrire sur la liste d‘aspirants pour un siège a l‘Assemblec légis— lative. Mais. a la surprise et au regret de ces groupements politiques. llenri Blanchard a nettement refusé leurs demandes d'adhésion dans leurs rangs. Il connaissait l‘enjeu politique et. surtout. il se connaissait. li a souvent répété a ses enfants qu‘il n‘aurait jamais pu s‘accomrmrder a ce genre d’activité ou il aurait sans doute vexe ses cornières et l‘électorat par l‘honnêteté, et la franchise de ses paroles et de ses convictions. Ayant pu voir de pres la vie que son père Jerérnie avait menée comme politicien. il comprenait que ce rôle contentait bien trop d‘embûches pour tout individu désireux dc garder son indépendance ou de rester intellectuellement honnête. lixpliquunl à son tils Francis ses raisons d'avnir refusé il s'engager activement sur in scène politique, monsieur Blanchard avait dit que ce 'cnrc de vie exposait au risque ceux qui y prenaient part. A son avis. son père avait été teinté par ses expériences dans ce champ d'activité souvent suspect et parfois corrompu. Toutefois, certains prétendent que monsieur Blanchard a travaillé très fort pour se faire nommer sénateur, et cela à deux dilïérerttes reprises. mais sans succès. Il est aussi sans conséquence grave car, en Ma. avant de prendre sa retraite de la vie politique. monsieur King nommait Henri Blanchard membre de la Commission de la Capitale nationale comme représentant otticiel de l‘Î|e«du-Prince- lËdouard. llysiégeajusqu‘en WSS. Cette nomination n‘était que honorifique mais le protesseur/historien Blanchard en profita pendant ces quatorze ans pour se rendre fouiller et consulter les archives nationales de la capitale fédérale.