Belcourt avait encouragé un bon nombre de jeunes familles de la paroisse à quitter les lieux et à se diriger vers la province du Nouveau—Brunswick et du Québec. endroits où les gouvernements provinciaux offraient d'immenses terrains vierges destinés à la colonisation. Établie définitivement à Davar. la famille Blanchard avait maintenant toute une nouvelle vie devant elle. Toutefois, l'achat de cette terre de cent acres exigeait un labeur physique considérable de la part de Sylvestre et de Jérémie pour qu'elle soit exploitée à pleine capacité. Ainsi ils ont décidé d'abandonner leur travail dans la charpenterie pour se consacrer à plein temps au développement de leurs champs. Mais la réputation bien méritée d'artisans qualifiés des deux Blanchard ne pouvait pas empêcher les voisins de profiter à l‘occasion de leurs mains habiles pour faire faire les réparations d'usage à leurs wagons lourds et à leurs voitures légères. On peut bien imaginer qu'à mesure que l’enfant Henri grandissait. il se sentait lui aussi attiré a l'atelier de travail de ces deux hommes qu'il admirait tant. D‘eux. il apprendra à manipuler fort habilement scie et marteau. Même. tout au long de sa vie. Henri Blanchard allait faire voir un certain talent pour ce genre de travail. Son frère, Félix. gagnera également sa vie de ce métier. Le clan des Blanchard : 1. Jérémle S. Blanchard. père de l'historien 2. Domltllde Gallant. mère de l'historien 3. Vlrglnle Doucet, grand—mère paternelle de l'historien 4. Ursule Gallant, épouse de l'historien S. J. Henrl Blanchard. l'historien ll nous est dill‘tcile de comprendre pourquoi le pere de llenri allait unjour laisser de côte. au moins partiellement. la l'ertne et la charpenterie pour se lancer dans un autre domaine peut—être plus excitant mais sûrement tout au plus incertain encore. celui de la politique. Quels l'ureat les facteurs qui l'ont encourage à prendre une telle décision. une décision qui allait grandement all'eeter la vie et la sécurité de sa l‘amille grandissante? Il semblerait probable que Jeréntie ait reçu peu de formation scolaire. mais son intelligence naturelle et surtout son talent d‘orateur lui LA PETITE SOUVENANCE' ont rendu de fiers services à cet égard. Qu'il ait eu une facilité de parole était bien évident et Jérémie allait le prouver à maintes reprises lors des grandes assemblées préélectorales qui, à cette époque-là. réunissaient la plupart du temps dans la même salle les candidats des partis politiques opposants et leurs partisans fidèles et enthousiastes. Prenons comme exemple concret de son talent oratoire un de ces incidents ou Jérémie avait ainsi pris l'initiative au dépens de son adversaire politique. Son opposant conservateur en cette occasion parlait en premier et, depuis un bon moment. il exposait à la foule tout ce qu'il projettait accomplir pour eux une fois élu a l'Assemblée législative. Et. tout au long de son discours enflammé. l'aspirant conservateur interrompait momentanément son exposé pour boire une autre gorgée d'eau du verre placé à la portée de sa main. Quand le moment est venu que Jérémie prenne la parole. il s'est levé vivement et a souligné, au grand amu- sement de l'auditoire. que lui personnellement ne s'attendait guère à apprendre quoi que ce soit de son adversaire politique mais que, pour une fois. il devait bien admettre le contraire. «Car. dit—il. il vient tout juste de me faire réaliser. et a vous mesdames et messieurs. de voir qu'il est possible après tout de faire marcher un moulin à vent avec de l'eau. >> Ce sens de l'humour particulier et parfois piquant. cette habileté naturelle à toujours trouver la réplique appropriée lui valait aux yeux des gens bien des mérites. Mais son entrée dans la vie politique ne fut pas pour autant facile car il a d'abord subi la défaite deux fois en I890 comme candidat pour le parti conservateur avant de finalement gagner son siège dans les élections de 1893. ll fut député de la législature provinciale jus- qu'en I807 alors qu'il décida d'abandonner le parti conservateur et de quitter la scène politique, Mais l‘attrait de la vie fascinante qu'est la chose publique ne lui a pas pemiis de rester tranquille a la maison et. en l9l9. il se lança a nouveau en campagne électorale, cette fois comme aspirant libéral pour le siège de la 3“ circonscription du comté de Prince. Toutefois ses efforts n‘ont pas porte fruit malgré le fait que les libéraux aient été amenés au pouvoir à cette élection et .Iércmie connut encore l'échec aux urnes. [in l‘année l022. il y eut une élection complémentaire et ce i‘ut une nouvelle tentative de sa part pour l‘acquisition du siège de la l"' circonscription du comte de Prince. Cette fois. c‘est la victoire! (“est aussi le début dc la période la plus réussie de ses aspirations politiques et il remportera cc même siège pour les libéraux lors des campagnes électorales de 1923 et de l027. ll esl l'ort probable que son nota acadien empêchait certaines portes de s‘ouvrir devant lui. tout comme pour bien d‘autres Acadiens travaillant dans la l‘onction publique ou comme employés des entreprises privées anglaises dans la province insulaire. Malgré ce t'ait, ses succès aux élections ct ses talents d‘oratcur lui ont pertuis d‘accéder à des postes gouvernemen- taux supérieurs. lîn l'ait, .léretnie a servi dans le Cabinet de deux différents gouvernements libéraux : celui de Bcll et celui de Saunders et cela il titre de ministre sans porte-feuille. Jusqu‘à quel point ces années de travail que faisait son père dans l‘areue politique ont-elles influence le jeune “BEN 4m &—< >Ë 2 —U1HI:I.' arma" r«mv‘<c:mo r: Dfl>ïôï>ru