PAGE l4 *Des classes en français pour de bon 2 \ l’occasion d’une conférence de presse tenue à l’hôtel CP Prince Edward à Charlottetown en relation avec l’établissement du Centre scolaire et communautaire francophone. on avait bon nombre de dignitaires, les médias ct le public pour entendre une annonce majeure. Tout s’était déroulé comme prévu et. suite à la cérémonie. il y a eu la réception coutumière à laquelle les participants se sont régalés avec des amuse-gueules. Parmi les invités. on remarquait Mme Anna Duffy. présidente du Conseil scolaire de l’Unité 3. A un moment donné, elle s‘est approchée de ma personne et, sachant avec qui elle s’entretenait. m’a fait cette confidence. Elle avait eu le privilège, me dit-elle. d’être présente à la dernière classe de français enseignée par feu J. Henri Blanchard au Collège Prince-de—Galles (présentement le Collège Holland) à Charlottetown à la veille de prendre sa retraite de l’enseignement en 1947. Le professeur Blanchard avait consacré la classe entière à l’étude et à une discussion de l’œuvre de l’auteur français Alphonse Daudet : << La dernière classe ». C’est le récit d’un jeune Alsacien qui assiste à sa dernière classe de français à l‘école de son village. L’histoire se passe en 1870, lorsque les Allemands (les Prusses) ont envahi l’Alsace et la Lorraine pour annexer ces deux provinces à l’Allcmagne — la guerre franco- Carrefour de l’lsle-Saint—Jean abritant l’école François-Buote. LA PETITE SOUVENANCE allemande 1870-1871. Le jeune Frantz est arrivé à l’école cette journée un peu en retard. En entrant. il s’attendait de se faire gronder par le professeur. mais il a vite vu que le climat de la classe n’était pas comme d’habitude. Il fut surpris de voir quelques braves gens du village assis sur des bancs au fond de la salle de classe. Ce fut une scène peu ordinaire. M. Hamel s’adresse aux élèves en ces termes : « Mes enfants. c’est la dernière fois que je vous fais la classe. L’ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l’allemand dans les écoles de l’Alsace et de la Lorraine... Le nouveau maître arrive demain. Aujourd’hui. c’est votre dernière leçon de français. Je vous prie d’être bien attentifs. » M. Blanchard a terminé sa classe en faisant le commentaire à ses étudiants qu’un jour il faudra qu’il y ait une école française dans la région de C harlottetown. Ses paroles étaient—elles prophétiques? L’école française est maintenant une réalité dans la région! Elle fait partie du Carrefour de l’Isle—Saint-Jean. un complexe qui comprend un côté scolaire et un côté communautaire. C’est à nous tous et toutes — Acadiens. Acadiennes et francophones — de nous en servir. *Éditorial intitulé Un rêve se réalise... gracieuseté de La Ibix acadienne. Summerside. Î.-P.-É.. le I3 novembre I 991 + ancis Bloncbûpd 2007