Ph he mm mm ET an D L'IMPARTIAL A auto “ fé A , NT TNT fs re We D ee D mere ae ee - 2 M EMA coma MERS TT 5 ns gr en " im y LE PETIT PATRE Jean Berthand, du domaine des Grand-Bois, était counu à trois lieues à la roude comme le plus honnête et le meilleur pâtour du pays. 11 avait onze ans, n'avait jamais été à l’école et gardait les troupeaux de son père, arec l'aide d'un grand chein à longs poils, qui répou- dait au nom de ‘“Caporal”. Les Berthaud, ses parents. étaient métayers de père en fils au domaine des Grands- Bois, et leur plus grande ambt- tion, quand l'age et les infir- mités ne leur permettaient plus de travailler, était de céder leur place à ieur petit Jeannot devenu homme à son tour. D'ici-là, il y avait du temps cet le petit pâtre, satisfait de son sort, ne songeait guère à l'avenir qui lui était réservé. Pour le moment, il fréquentait le catéchisme de la paroisse, ce qui lui prenait grandes heures chaque matin, car l'église était loin. et pour arriver au signa: de Ja cloche, il fallait quitter le do- maine dès la pointe ‘du jour. Comme il était brave et agile, ce n'était qu'une promenade pour lui. etil ne manquait ja- mais d'être de retour à l'heure voulue pour conduire au pàtu- rage les bœufs et les vaches dont 1] avait la garde. Une chose pourtant le tour- mentait et lui laissait comme vague regret au fond du cœur, il ne savait pas lire. Oh! il ne demandait pas à devenir un sa- vent, comme Claude Maihurot, qu'on faisait étudier à la ville pour en faire un maitre d’école. Non, ce qu'il désirait, c'était connaître assez la lecteur pour apprendre son catéchisme et répondre à M. le curé, quand celni-e1 l’interrogeait. Cela faisait sa désolution et sa honte, car cette ignorance excitait les raïlleries de ses cama rades, et en particulier du gros Vincent Chiraux, le fils de l’ad- joint, lequel, allait depuis qua tre ans à l’école, était un peu plus savent que les autres, el tenait la tête du catéchisme. Ah! si Jeannot avait su lire, comme ce gros garçon eut étc moins fier et moins railleur ! Bien qu'il passat la plus grande partie de sa vie au mi- lieu des champs, loin du vil lage et des autres enfants de son âge. le petit Jean avait pourtant su faire un ami. C'é- tait un vieillard, un mendiant qu'on appelait le Père Laroche, avec lequel il partageait par- fois son déjeuner. Quand la re- cette du pauvre vieux avait été mauvaise, quand dans les fer- mes où on lui donnait d’habi tude il avait trouvé porte close, il s'arrangeait de façon à pas- ser en vue de Jeannot. Dès que celui-ci l’apercevait : Hé ! père Laroche, lui criait-il aussitôt, arrivez donc par ici. J'ai da pain, j'ai des noix, jai du fro- mage ; nous allons faire bom- bance. Le père Laroche alors se di- rigeait clopin-clopant, car il était boiteaux, vers l'enfant, au grand plaisir de Caporal qui, reconnaissant l'ami de sou mai- ire, accourait à sa rencontre en aboyant joyeusement et en lui faisant mille caresses, au risque de lui faire perdre l'équilibre t de le faire tomber. lui fcement, mon petit, répondait le vieux. Saus ma coquine de (toux qui me secoue tout le vorps, .e reste trait assez bien. —Asseyez-v ous la, près de! que mes bœufs f nt la sients, uous alions déjeuner. Faut pas te priver pour moi, petit tu sais? j'ai pas be- soin de grand’chose. —N'ayez pas peur, père La- roche, maman Berthaud fait tonjeurs les rations bonnes. Ni de faire parce que nous aurons partage notre déjeuner avec vous. N'est ce pas, Caporal? Aiusi interpellé, l’intelligent animal faisait un bond jus qu’à son jeune maitre, se couchait à ses pieds, et aliongeant sur ses genoux sa tête fin et soyeuse, il le regardait avec des yeux presque humains qui sem- blaient dire : Tu sais ? je suis à toi à la vie, à l1 mort : fais de moi ce que tu voudras ! Oui, oui, tu es un bon bou chien, faisait l’enfant. en caressant de la main son fidèle compagnon. Alors, tirant de son sac ses petits provisions, ils les étalait sur l'herbe, et les partageait avec ses convives. Uu jour qu'ils étaient tous les trois en train de gouter, Jean, s'adressant au mendiant lui dit tout à coup: Qu'est-ce qu'il ya de nou- veau dans le pays, père La- roche ? —Oh'! dans le pays, pas grand'chose, répondit ie v'eil- lard, mais les nouvelles ne sont pas rares à Paris —Qu'est-ce qu'il y a donc à certaine curiosité ? théâtre. semaine dans un mes. —Mon Dieu, s’exclama l'enfant d'un air épouvanté. —J'in suis sùr, affirma le mendiant, car je l'ai lu dans le journal. — Vous l'avez lu vous même demanda vivement le petit pâtre. — Mais oui, moi-même, à l’au- berge, chez Janvrot, pas plus tard qu’hier. —Vous savez donc lire, père Laroche. —Oui, mon petit, à preuve que j'étais sergent au 17e léger, sous le roi Charles X,et que si j'avais voulu coutinuer le mé- tier...…: Mais l'enfant ne él'coutait plus. 11 était devenu rêveur, et poursuivait une 1dée qui venait soudaine de lui traverser la cervelle. di: vu comme moi des champs de! | Icentaines, mais des milliers tious ! —Dites donc, père Laroche, interrompit l'enfant, sane ré- | pondre à sa question, moi, reprenait l'enfant, pendant | moi, ni Caporal ne mourrons; c'est-il possible? | | Grâce à lui, | tient l’histoire et qui sa mauière aux railleries Le voyant songeur, le men- gros Vincent ! Comme ses ca- a t'a ému cette |marades seraient étonnés nouvelle-là, dis, petit? Ah! il s'en passe bien d’autres, va | Sa leçon, toui entiére ! Et mon- dans le monde. et si tu avais sieur le curé, qu'en dirait-il ? d'hommes qui perdaient la vie, tu en aurais éprouvé des émo-| pourquoi | vous êtes-vous fait mendiaut ? | —Tiens! la belle demande, fit le vicillard étonné, parce | — Assez, assez, Caporal, criait | que je ne peuvais plus travail- | Si vous l'acceptez, vous pour- rez vivre de” vos rentes pen- dant un mois, car durant tout ce temps c'est moi qui vous nourrirai. Le vieillard ébahi interrogea l'enfant du regard. —YVoici, dit Jeannot : Puis- que vous savez lire, vous vien- drez pendant un mois me trouver ici tous les matins. J'apporterai vos repas, et en re- tour, vous m'enseignerez la lec- ture. Le mendiant crut d’abord à une p'aisanterie, et ne se pres sait pas de répondre. —Ebh bien ? interrogea l’en- fant. Quand le père Laroche vit que c'était sérieux : —Tope-là, pit-il au pâtour, en lui tendant la main. Celui-ci s’empressa d'obéir et le marché fut con- clu. A partir de ce jour, on put voir, chaque matin, le mendi- ant, qui, le plus souvent, cou- chait au domaine des Grands- Bois, s’en aller aux champs avec le petit Jean auquel il te- nait compagnie la journée en- tière. Le professeur n'était peut- être pas de première force, mais l'élève était si attentif, si per- sévérant et servi par une mé: moe si heureuse que les pre- mières difficultés furent vite surmontées. Au bout de quinze jours, Jean déchiffrait les der- nières pages de son livre, et le mois n’était pas encore entière- ment écoulé qu'il lisait couram- ment comme un notaire. Voici donc notre Jeannot au comble de ses vœux. 11 sait lire maintenant, et les pages de son catéchisme n'ont plus Paris? fit l'enfant avec une|qe secret pour lui, une intimi- té de tous les instants s'établit —11 ya poursuivit le bon-|entre l'enfant et son cher petit nomme, que le feu a pris cette |livre. 11 ne s'en sépare plus ; et }c'est son ami fidèle avec lequel que plus de quatre cents per- | il converse et s’entretient pen- sonnes ont péri dans les flam-| dant des journées entières. Puis il lit, plus il sent qu’ii l’aime. c'est un monde nouveau qui se révèle à son in- telligence c’est Dieu, ce sont |les anges, ce sont nos premiers parents dont il avait vague- ment entendu parler, qu'il ap- prend à connaitre, dout il re- devien- nent ainsi les compaguons in visibles de sa solitude. Oh! monsieur le curé pourra l'in terroger à présent sur la leçon de chaque jour : nul ne la sau- ra mieux que lui ! C'était le lendemaia, en effet, que devait recommencer le ca: téchisme, qui était interrompu depuis quinze jours, par suite d’une indisposition de mon- sieur le curé. Avec quelle im- patience Jean Bertaud atten- dait en ce 1aoment pour pren- dre sa revanche et repondre à du en: l'entendant réciter sans faute ras Toutes ces pensées folles b taille où ce n'étaient pas des lui tourbillonnaient dans l’es- p'itet mettaient sa téte en feu. (à continuer) ee for 1895 -168,327 Boxes Our Native Herbs —— The Great BLOOD PURIFIER ——A ND— LiVER REGULATOR le mendiant, en levant son bà-|ler et qu'il fallait vivre quand | 209 days’ Treatment for 1.25 ton. Mais le brave animal nel s'eflray ait pas pour si peu, et | même. —Si quelqu'un xzous don-| Composed of Herbs, Barks and Roots. continuait ses démonstrations | nait de quoi vivre, est-ce que And will Positively Cure all d'amitié jusqu'à ce qu'ils fus- sent arrivés anprès du berger. —Eh bien, mon père Laroche disait celui-ci avec son petit air aflable et bon enfant, com- ment ça va-t-il? et ses douleurs et ces rhumatismes, vous lais. sent-ils tranquilles en ce mo- ment ? —Tout doucement, tout dou- vous mendieriez encore ? tier n’est pas si agréable. quelques-uns qui me reçoivent | bien, combien d'autres me chien ! veux vous proposer un marché. —0Oh ! pour ça non ! Le mé | Pour repoussent, me traitent de fain-. éant et me chassent comme un — Ecoutez, père Laroche, je! Diseases arising FROM 1MPURE BLOOD Each Box of “Our Native Herbs” contains a printed guar- |rantee to cure all ofthe above Diseases or the Money will be. refunded Sold only by NEIL MCKINNON Box 286 Sammerside, P. E. 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