LA [RENTE SOUMENA MCE j— 1755 * 1763 —-; PAGE 43 avant l’ouverture des hostilités en mai 1756. Pendant l'été 1755. le Conseil de Halifax fut porté à prendre de graves décisions. Le 8 juillet 1755. le vice—amiral Boscawen arrive en Nouvelle-Écosse avec des « instructions secrètes » portant la signature de votre ancêtre royal. George ll. Informé des plans du gouvernement anglais, Lawrence convoque Boscawen au Conseil de la Nova Scotia pour le consulter eu égard aux Acadiens et à 1a question du mo- ment le plus favorable pour « obliger lesdits habitants à prêter ledit serment ou à quitter le pays ». Le sort fut jeté. Au moins six mille Acadiens de 1a Nova Scotia furent déportés en neuf colonies britanniques en Amérique dès l’automne de 1755. mille cinq cents Acadiens furent déportés de 1a Virginie dans la gueule du lion en Angleterre en 1756 et plus de trois mille Acadiens de l‘lsle Saint— Jean (Île-du—Prince-Édouard) furent déportés en France dès l’automne 1758. On relate bien l'histoire du Duke William et du Violet qui coulèrent en décembre 1758 avec presque 600 déportés à bord suite aux quelque 190 déportés déjà morts de la maladie. Votre Majesté. la contrainte du besoin utilitaire ayant disparu, les pires esprits de la nature anglaise ont pris 1e des— sus. et nous. les Acadiens. ne fûmes plus qu’un obstacle parmi d'autres à 1a domination coloniale anglaise sur l'Amérique du Nord. Ainsi. avec une cruelle efficacité. votre famille et votre gouvernement c'est-à-dire le conseil privé de l’époque. exilèrent les Acadiens de force. les chas- sant des terres qu‘ils avaient possédées pendant 150 ans. Je dis bien le Conseil privé parce qu'en matière de politique étrangère. c’était la Cour de St. James qui prenait les dé- cisions finales. Votre Majesté. on vous a demandé de reconnaître les torts que votre famille royale a infligés à tout un peuple. Je vous demande plutôt. en tant que Reine du Royaume— Uni. de faire des excuses officielles au nom de votre famille et de votre gouvernement parce que ce sont les deux seules institutions restantes à qui on peut imputer la responsabilité ultime du génocide acadien. Votre Majesté est cenes au courant de ce qu‘on appelle la « phénomé- nologie de la souillure » alors que les atrocités du passé sont constamment ravivées dans l’esprit de ces peuples qu‘on a souillés. Or. vous—même avez demandé vos excuses aux Maoris pour avoir confisqué leurs terres et votre gouvernement l’a fait aux Irlandais pour avoir délibérément empiré la « famine de la pomme de terre ». deux événements qui eurent lieu 150 ans passés. pour ne mentionner que ceux- cr. Votre Majesté. votre parole tire sa force de l’ancienne notion selon laquelle le monarque est « roi par la grâce de Dieu ». Pourquoi jusqu‘alors avez—vous toujours refusé d‘accorder une audience au peuple acadien au sujet de la Déportation? N’avez-vous pas lors de votre couronnement, le 2 juin 1953. promis de défendre la loi et la justice ainsi que de l'aire preuve d’indulgence dans tous vosjugements Cl Votre famille a foulé au pied les principes de la Grande Charte (Magna Carta) en ordonnant la Déportation. car le gouvernement militaire de la Nova Scun'a a arrêté systématiquement tous les Acadiens. sans se soucier de savoir lesquels auraient pu tremper dans le crime et lesquels étaient innocents. Ce même gouvernement britanni- que a par la suite emprisonné tous les Acadiens de sexe masculin qu’il ait pu trouver. a interné femmes et enfants. puis les a exilés en confisquant tout ce qu‘ils avaient accu— mulé en 150 ans. afin de payer les frais que la Couronne avait subis pour npus déporter. Votre Majesté. vous et votre gouvernement risquez de vous voir imputer une responsabilité vérifiable en refusant pour quelque raison que ce soit. de faire face officiellement à 1a situation. En refusant. la monarchie et 1e gouvernement britanniques violent le paragraphe llI (e) de la Convention contre 1e génocide en sanctionnant implicitement la bruta- lité du passé. Votre Majesté. les faits au sujet des Acadiens ont été faussés et déformés souvent par des historiens britanniques ou angle—canadiens. On nous a fait croire que l'Angleterre donnait carte blanche aux colonies eu égard à la fonction exécutive. Il en est tout à fait 1e contraire car au 18"“ siècle 1e roi était personnellement responsable de l‘exécutif et pou— vait déléguer son autorité aux membres du Conseil privé. Le Board of Trade pouvait seulement donner son avis mais n'avait ni l’autorité d‘appointer des officiers coloniaux ni le pouvoir exécutoire de faire respecter les ordonnances. Tout le pouvoir exécutif résidait dans le Roi et son Conseil privé. On nous a fait longtemps croire que l‘Angleterre n'avait pas pris la décision de déporter les Acadiens. Faux: les journaux privés de John Winslow au Massachusetts His— torical Society. de Boscawen aux Archives nationales à Ottawa nous disent le contraire. Winslow nous parle à maintes reprises des « ordres du roi » et Boscawen admet qu’il a reçu des « instructions secrètes » du souverain pour le Conseil de Halifax. ll y a aussi les papiers de Braddock qui ont été confisqués par les Français où c'est écrit que « l‘Angleterre en avait assez et planifiait l‘asservissement des Acadiens ». On nous a fait croire. Votre Majesté. que la confiscation des terres (les Acadiens était « légale ». Faux: les arguments du juge en chef de la Nova St'utia. Jonathan Belcher. lui—même membre du Conseil de Halifax avec Lawrence. ne sont pas des arguments juridiques mais des convictions politiques. La vérité c‘est que les terres des Acadiens furent confisquées en dépit des traités et décrets et autres conventions qui avaient été consentis aux Aca— diens. Et William Shirley avait laissé entendre a Lord Halifax u qu‘on pourrait amener de l‘AngletelTe. en cette région. un nombre considérable de colons. vous feriez bien de le (Belcher) consulter à ce sujet ». lvzvtv. I i . ont A L'oiisullur : litt 7: