c'est l'une des principales paroisses de la province. L'église est vaste et belle, et il ne manque qu'un orgue pour en faire un temple de premier rang. On y compte plusieurs écoles, dont la principale est sous la direction de M. Henry Cunningham, jeune homme de talent, qui parle et enseigne bien le français. La salle Sainthhilippe est une grande bâtisse qui sert de lieu de réunion aux parois— siens, et où se trouve une bibliothèque à la disposition des familles, moyennant cinq centins par année. Entre la Roche et Tignish, le seul établissement français d'importance est Cascampèque, dont les huîtres sont bien connues. C'est un endroit qui ne fait que de se réveiller sous l'influence du chemin de fer, qui passe à trois milles de l'église. Deux cantons nouveaux Viennent de s'ouvrir à la culture et promettent de devenir des établissements prospères — Piusville et Mill River. Nous passons Alberton, ville sans importance, pour arriver à Tignish, ou au Toguish dans le langage des anciens. Tignish est à l'île SaintœJean ce que Memramcook est pour Westmorland, Bouctouche ou Saint—Louis pour Kent, et Caraquet pour Gloucester. Avec cette différence, que c'est encore plus grand. Il y a là de quoi tailler trois ou quatre paroisses. Déjà on en a détaché une partie qui forme maintenant la cure de Kildare, dont M. l'abbé A.J. Trudelle est le premier titulaire. Tous les monuments religieux sont vastes à Tignish, église, couvent et presbytère; l'école et la gare sont également de grandes bâtisses, les magasins sont nombreux et bien achalandés, et c'est la seule localité française de l'Ile où l'on trouve des hôtelleries ä la main; celle de M. le capt. France Gallant — résidence la mieux montée de l'endroit et dont la pareille ne se trouve peut—être nulle part ailleurs e est moins un hôtel qu'une grande maison hospitalière. L'église est un immense édifice en brique, que le manque de jubé et les hautes oolonnades minces font paraître encore plus grand. Dans le fond, néanmoins s'élève l'élégante galerie des chantres où est majes— tueusement assis un orgue de première grandeur, l'un des plus beaux et des plus puissants du pays; il a coûté 52,500. Le jour de la Toussaint, on y a chanté la plus belle messe qu'on ait jamais entendue dans cette paroisse. La pêche n'a pas été bonne, cet été, sur l'île; en quelques endroits elle a été nulle. Certains pêcheurs, après avoir dépensé quatre piastres en préparatifs, n'ont pu en gagner que deux dans tout leur été de pêche. Bien rares sont ceux qui ont réussi à prendre assez de poisson pour leur permettre de toucher la prime du gouvernement. C'est pourtant quand la pêche est mauvaise et que leur travail et leurs fatigues ne rapportent rien que ces braves pêcheurs ont plus besoin d'argent. Ne serait—il pas équitable d'accorder la prime à tous ceux qui ont